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Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut décaler le second tour, une marge de manœuvre très limitée

Le candidat Les Républicains juge problématique un second tour le 2 mai 2027, au lendemain du 1er-Mai. Mais le calendrier électoral est strictement encadré et le Conseil constitutionnel pourrait s'y opposer.

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut décaler le second tour, une marge de manœuvre très limitée
Présidentielle 2027 : Peut-on changer la date de l’élection comme le voudrait Bruno Retailleau ?

Faut-il décaler l'élection présidentielle de 2027 ? Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, a ouvert le débat en jugeant le calendrier prévu inapproprié. Invité lundi 19 octobre sur BFMTV, il s'est inquiété de la coïncidence entre le second tour, fixé au 2 mai 2027, et les manifestations du 1er-Mai qui se tiendront la veille. « Si on voulait bordéliser le second tour, on ne s'y prendrait pas différemment ! », a-t-il lancé, alors que les débordements survenus après les manifestations du 17 octobre et l'appel à un « acte II » nourrissent les craintes d'une mobilisation plus virulente au printemps.

La question mérite d'être posée sur le plan juridique, car les dates du scrutin ne sont pas librement modifiables. Elles découlent de la date de fin du mandat du président en exercice. Le quinquennat d'Emmanuel Macron s'achève le 13 mai 2027, et l'élection doit se tenir entre vingt et trente-cinq jours avant l'expiration de ses pouvoirs. S'y ajoute la contrainte des deux tours, impérativement espacés de deux semaines. Résultat : la marge de manœuvre est mince. Pour le premier tour, « on a deux dimanches qui sont possibles : le 11 avril et le 18 », résume Dominique Volut, médiateur et avocat en droit public.

Le président de la République pourrait toutefois choisir d'avancer le scrutin d'une semaine, en modifiant le décret de convocation des électeurs. Mais ce décret est susceptible d'être contesté devant le Conseil constitutionnel, qui vérifie s'il peut porter atteinte à la sincérité des résultats. « Un nouveau décret peut être attaquable, donc si les motifs ne sont pas très clairs, ça peut être compliqué », prévient l'avocat. Dans l'hypothèse d'un changement destiné à éviter le lendemain du 1er-Mai, les juges constitutionnels devraient évaluer si un mouvement de masse à cette date pourrait peser sur l'opinion et altérer la sincérité du vote.

Or, pour Dominique Volut, ce motif ne paraît pas suffisant : « Un risque de manifestation avant le scrutin, je ne suis pas sûr que ça soit une motivation suffisamment valable. On ne peut pas préjuger de ce qu'il va se passer dans six ou sept mois. » Il rappelle qu'aucun report de la présidentielle ne s'est jamais produit sous la Ve République. En 2020, certaines élections municipales avaient bien été repoussées en raison du confinement lié à la pandémie de Covid-19, mais la décision relevait alors du Code général des collectivités territoriales, et non du Conseil constitutionnel.

La sortie de Bruno Retailleau intervient dans un contexte de recomposition à droite. Le président de LR, également candidat à la présidentielle, doit rencontrer le maire de Meaux Jean-François Copé, selon les informations du Figaro. Par ailleurs, Éric Ciotti, maire de Nice et patron de l'UDR, a appelé Bruno Retailleau et David Lisnard à renoncer à ce qu'il qualifie de « candidatures de témoignages » pour rallier Marine Le Pen, estimant que « seule Marine Le Pen peut gagner l'élection présidentielle ». Ces tractations n'enlèvent rien à la rigidité du calendrier : sauf décision présidentielle contestable devant le Conseil constitutionnel, le premier tour se tiendra les 11 ou 18 avril 2027, et le second tour le 25 avril ou le 2 mai.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.