Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Présidentielle 2027 : Glucksmann rattrape Mélenchon et Philippe pour la deuxième place
Selon un nouveau sondage OpinionWay, Raphaël Glucksmann se hisse au niveau de Jean-Luc Mélenchon et d'Édouard Philippe, tous trois crédités de 15 % des voix, tandis que Marine Le Pen domine largement le premier tour.
Raphaël Glucksmann se retrouve pour la première fois au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe dans la course à la qualification pour le second tour de l'élection présidentielle de 2027. Selon un sondage OpinionWay réalisé pour Les Échos et Radio Classique, publié jeudi, le fondateur de Place publique est crédité de 15 % des intentions de vote, à égalité avec le leader de La France insoumise et le maire du Havre.
Cette dynamique intervient au lendemain de la large victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate, dimanche. Dans l'hypothèse où Gabriel Attal serait le candidat du bloc central à la place d'Édouard Philippe, l'eurodéputé atteindrait même 16 % des voix et se qualifierait pour le second tour, selon l'étude. Le Premier ministre sortant, testé à 11 % dans ce scénario, serait alors distancé.
Par rapport à la précédente vague du baromètre, le 10 septembre, Raphaël Glucksmann gagne entre 4 et 5 points selon les configurations testées. Jean-Luc Mélenchon, crédité de 15 % lors de l'enquête précédente, reste stable dans la plupart des scénarios, mais perd un point dans le cas où Édouard Philippe et Gabriel Attal présenteraient tous les deux leur candidature. Les figures de la majorité sortante accusent en revanche un repli important : depuis le premier baromètre OpinionWay en juillet, le maire du Havre perd 7 points et l'ancien ministre de l'Éducation nationale chute de 5 points lorsqu'ils sont testés seuls comme représentants du bloc central.
Quelle que soit la configuration retenue, le trio Glucksmann-Mélenchon-Philippe reste loin derrière Marine Le Pen, créditée d'au moins 35 % des voix au premier tour dans tous les cas de figure. En retrait, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau obtient entre 7 % et 9 % des suffrages. Ce dernier a d'ailleurs proposé jeudi un débat à Édouard Philippe pour « confronter » leurs « projets », signe que la campagne interne à la droite et au centre s'intensifie.
À gauche, la dynamique Glucksmann bouscule l'échiquier. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a estimé jeudi qu'« on a besoin de se parler » et plaidé pour l'union de la gauche, jugeant que « personne n'est capable de gagner seul ». Dans le même temps, un appel lancé par le réseau Alternative communiste, critique de l'orientation actuelle du Parti communiste français, a recueilli 2 000 signatures en faveur d'une « campagne communiste pour Jean-Luc Mélenchon », illustrant les tensions à l'œuvre au sein de la gauche.
Ce sondage OpinionWay a été réalisé du 13 au 14 octobre, après les résultats de la primaire sociale-démocrate, auprès d'un échantillon représentatif de 1 043 personnes âgées de 18 ans et plus. Il constitue une photographie du moment, sans valeur prédictive, à un peu plus de six mois du scrutin. La publication de cette enquête intervient dans un contexte où une majorité de Français se déclare favorable à une laïcité plus restrictive, selon un autre sondage Ifop publié mercredi, un thème qui pourrait s'inviter dans la campagne.
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