Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann élu candidat de la gauche sociale-démocrate
L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a remporté dimanche la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour. Il promet de rassembler la gauche démocratique face à l'extrême droite, tandis que Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé son soutien au mouvement lycéen et demandé l'abolition de Parcoursup.
Raphaël Glucksmann a remporté dimanche la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour. L'eurodéputé de 46 ans et patron du parti Place publique s'est imposé avec une avance qualifiée de « majorité très claire » par ses soutiens, selon les réactions recueillies à l'issue du scrutin. Il devient ainsi le candidat de la gauche sociale-démocrate pour l'élection présidentielle de 2027, dont le premier tour est prévu le 18 avril.
Dans une courte déclaration, le nouveau candidat a défini sa mission principale : « Ma première responsabilité, c'est de rassembler, de rassembler toute la famille socialiste, de rassembler ensuite toute la famille de la gauche démocratique. » Il a également désigné son adversaire : « Notre véritable adversaire, c'est l'extrême droite et nous allons nous unir pour partir au combat et empêcher les trumpistes, les poutinistes, les xénophobes et les démagogues de s'emparer de la République. »
Les ralliements ont afflué dans la journée, sans grande surprise mais parfois avec une certaine réserve. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a réagi par une déclaration succincte : « Nous avons désormais un candidat, à nous tous de forger ensemble cet esprit de victoire. » Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle de 2007, s'est dite « déçue » de sa défaite. Jérôme Guedj, plus enthousiaste, a apporté son plein soutien au nouveau « candidat de la gauche démocratique » : « La primaire, désormais, elle est derrière nous. Le vote est clair. Et donc, il faut qu'on aille le plus vite possible en campagne pour la réussite de la gauche. » À ce stade, aucun des candidats en lice n'a contesté le résultat du scrutin.
La victoire de Raphaël Glucksmann consacre la ligne anti-Mélenchon qu'il défendait durant la campagne. Il devra désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec La France insoumise, qu'il refuse. Un défi de taille alors que la gauche sociale-démocrate sort d'une primaire qui a révélé des fractures persistantes.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon était attendu à Clermont-Ferrand pour un meeting qui a rassemblé 10 000 personnes à l'intérieur de la salle, ainsi qu'une foule à l'extérieur. Le candidat de La France insoumise a réaffirmé son soutien au mouvement lycéen et axé son discours sur la jeunesse et ses revendications. Il a notamment demandé l'abolition de Parcoursup, qualifiant la plateforme d'affectation dans l'enseignement supérieur d'« ignominie ». Il a également évoqué l'annulation d'une partie de la dette française et l'instauration du droit de vote à 16 ans.
En marge de ces actualités, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, a créé la surprise en réagissant à une nouvelle affaire visant un collaborateur du RN aux opinions racistes et antisémites. Invité de l'émission BFM Politique, il a reconnu la présence de « dingues » au sein de son propre parti. « J'en ai viré beaucoup des dingues. Mais ils se cachent, ils sont infiltrés », a-t-il déclaré. « Ce sont des pauvres types et des pauvres filles qui n'ont même pas le courage d'assumer leurs opinions pourries, qui viennent au Rassemblement national comme des pique-assiettes. Dès qu'on est au courant, on les vire », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Moi, je ne suis pas psychiatre et je ne suis pas la DGSI. »
À 189 jours du premier tour, la campagne pour 2027 prend forme. La gauche sociale-démocrate tient son candidat, mais les tensions avec La France insoumise restent vives. Les prochaines semaines diront si Raphaël Glucksmann parvient à fédérer au-delà de sa famille politique.
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