Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Primaire de la gauche : vifs échanges sur LFI, Gaza et l'affaire Bardella lors du deuxième débat
À une semaine du premier tour, les cinq candidats à la primaire social-démocrate se sont affrontés jeudi soir sur France 2 et France Inter, notamment sur les alliances avec La France insoumise, le terme « génocide » à Gaza et la qualification de Jordan Bardella.
Les cinq candidats à la primaire social-démocrate ont débattu pendant plus de deux heures, jeudi soir sur France 2 et France Inter, à une semaine du premier tour du scrutin. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont confronté leurs positions sur les alliances à gauche, la guerre à Gaza et l'affaire Jordan Bardella, à quelques jours du vote des militants prévu les 9-10 et 16-17 octobre.
Les échanges les plus tendus ont opposé Raphaël Glucksmann et Olivier Faure sur les relations avec La France insoumise. Le premier secrétaire du Parti socialiste s'est agacé de « l'éléphant dans la pièce » que représenterait Jean-Luc Mélenchon, regrettant qu'« à chaque débat entre nous le vainqueur par contumace » soit le leader insoumis. Il a défendu sa stratégie de rassemblement de la gauche, notamment en vue des élections législatives. Raphaël Glucksmann a fait de la clarification des alliances un point central de sa candidature, lançant à son concurrent : « Tu es habité par l'esprit de défaite », avant d'affirmer vouloir « gagner cette élection pour être élu président de la République ».
Jérôme Guedj a également attaqué le dirigeant socialiste, l'accusant de mettre « toute la gauche dans la panade » en faisant « la danse du ventre » devant LFI. Olivier Faure a défendu son bilan à la tête du PS, assurant avoir « repris le parti quand il était dans la poussière, et que tous les éléphants l'avaient déserté ». Se présentant comme « le seul à pouvoir rassembler l'ensemble des forces de gauche », il a aussi ciblé l'entourage de Raphaël Glucksmann, qui comprend d'anciens macronistes : « Si on veut rompre avec la politique actuelle, on ne s'entoure pas de gens qui ont participé à celle-ci. »
Les candidats se sont également opposés sur Gaza et l'utilisation du terme « génocide ». Olivier Faure a estimé ne pas comprendre « pourquoi on n'utilise pas les bons mots », tandis que Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent d'employer ce terme. « Ce que tu fais est obscène », lui a répondu Raphaël Glucksmann. Ségolène Royal, plus offensive sur ce sujet lors du premier débat, a cette fois déclaré comprendre « ceux qui ne veulent pas utiliser le mot génocide », tout en soulignant qu'« aujourd'hui en Israël, il y a des ministres qui affirment vouloir un génocide » à Gaza.
Sur l'économie, Raphaël Glucksmann a dû défendre face aux critiques de ses concurrents sa proposition de baisse de la CSG sur les salaires. Les cinq candidats se sont en revanche accordés pour considérer Jordan Bardella comme « disqualifié » après les accusations d'antisémitisme publiées par Mediapart. Ils ont aussi condamné les violences en marge des mouvements lycéens ainsi que celles commises par certains policiers, tout en refusant « le piège » d'une focalisation des critiques sur LFI.
Un troisième et dernier débat est prévu dimanche sur BFMTV avant le scrutin de la primaire. Le premier tour se tiendra les 9 et 10 octobre, et le second les 16 et 17 octobre. Les cinq candidats cherchent à se démarquer à une semaine d'un vote qui déterminera la figure de la gauche sociale-démocrate pour les prochaines échéances électorales.
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