Udata

lundi 5 octobre 2026 · Paris

Rechercher

Politique 4 min de lecture Par

Primaire socialiste : dernier débat tendu avant le scrutin de 2027

Les cinq candidats de la primaire socialiste se sont affrontés dimanche lors d'un ultime débat télévisé marqué par les excuses de Raphaël Glucksmann après des propos visant Ségolène Royal.

Primaire socialiste : dernier débat tendu avant le scrutin de 2027
Rapport à LFI, école publique, «révolution fiscale»… Ce qu’il faut retenir du dernier débat télévisé de la primaire socialiste

Les cinq candidats de la primaire socialiste se sont retrouvés dimanche sur le plateau de BFMTV pour le troisième et dernier débat télévisé avant le scrutin qui désignera, en 2027, le représentant de la social-démocratie à l'élection présidentielle. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont débattu pendant près de trois heures, dans un climat particulièrement tendu.

Le moment le plus marquant est intervenu après la diffusion, la veille sur les réseaux sociaux, d'extraits vidéo d'une réunion militante au cours de laquelle l'eurodéputé Raphaël Glucksmann s'en était pris à Ségolène Royal. Il l'accusait notamment d'avoir fait « la danse du ventre à Macron » ces dernières années. L'ancienne candidate à la présidentielle avait dénoncé sur X un « sexisme consternant », avant de lui adresser directement, dimanche soir, une réponse cinglante : elle a affirmé avoir « l'habitude des agressions verbales », mais que, « venant de vous, ça m'a particulièrement choquée parce que c'est une agression, en plus à connotation sexuelle ».

Raphaël Glucksmann a d'abord soutenu qu'il n'y avait « pas de connotation sexiste » dans l'expression employée, précisant que ses propos, tenus lors d'une réunion avec des militants dans un café, « n'avaient pas vocation à être publics ». Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a alors tranché : « Le plus simple, c'est de s'excuser. » Il a ajouté que « cette vidéo, elle n'était ni faite ni à faire », soulignant qu'il ne s'agissait pas d'un cadre privé mais d'une réunion militante. Il a également prévenu que si le cadre privé ne comptait plus, « j'imagine que demain Jordan Bardella nous dira que les messages qui ont été captés par Mediapart étaient des messages d'ordre privé ».

Face à la pression, l'eurodéputé a fini par présenter ses excuses : « Désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Ils n'avaient pas vocation à sortir. Je suis désolé. » Il a toutefois tenté de déplacer le débat, demandant : « Vous pensez qu'aujourd'hui en France le débat public est brutalisé par moi ? » avant de reconnaître que « des propos inélégants sont sortis », pour mieux recentrer la discussion sur « la vraie question » : « comment on va battre l'extrême droite ».

Dans une autre séquence de la même réunion, Raphaël Glucksmann affirmait « pisser » sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Il a assumé ces propos : « Une fois que c'est sorti, oui j'assume. C'était moi, c'est indéniable. Je ne pense pas qu'il faille utiliser ce langage dans le débat public, j'en suis absolument conscient. » Il a expliqué que son intention était de dire qu'« il ne fallait pas céder à ce que Marine Le Pen était en train de faire, ou Jean-Luc Mélenchon, en encourageant les fièvres identitaires ».

Au-delà de cette controverse, le débat a permis d'aborder plusieurs thèmes de campagne, notamment le rapport à La France insoumise, l'école publique et une « révolution fiscale » portée par certains candidats. Les échanges ont parfois tourné à l'invective, à tel point que l'un des participants a jugé que « le spectacle qu'on a donné pendant vingt minutes était honteux ».

Ce dernier rendez-vous télévisé clôt une campagne interne où les cinq prétendants ont tenté de se démarquer avant le vote. Le scrutin doit désigner le représentant de la social-démocratie pour la présidentielle de 2027, dans un contexte où la gauche cherche à s'unir face à l'extrême droite. Les tensions de dimanche illustrent les difficultés à trouver une ligne commune, entre exigence de respect dans le débat public et nécessité de rassembler.

2Vues

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.