Udata

vendredi 9 octobre 2026 · Paris

Rechercher

Politique 4 min de lecture Par

Primaire socialiste : Glucksmann et Royal s'affrontent sur fond d'accusations de droite

À la veille du premier tour de la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, donnés favoris, s'accusent mutuellement d'être de droite, tandis que le Parti socialiste doit trancher son rapport à La France insoumise.

Primaire socialiste : Glucksmann et Royal s'affrontent sur fond d'accusations de droite
Trancher le rapport à LFI : une primaire sociale-démocrate en forme de congrès du PS

Le premier tour de la primaire sociale-démocrate s'ouvre ce vendredi 9 octobre, avec plus de 140 000 personnes inscrites pour départager cinq candidats. Mais la campagne a pris un tour acrimonieux entre les deux figures de proue du scrutin, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, qui s'accusent mutuellement d'être de droite.

Selon un sondage publié à l'ouverture du vote, Raphaël Glucksmann arrive largement en tête des intentions, suivi de Ségolène Royal, qui crée la surprise. Les deux candidats, donnés favoris, se livrent une bataille d'image au sein d'une gauche en quête d'unité. L'ancienne candidate à la présidentielle a relancé les hostilités jeudi, accusant son adversaire d'avoir triché lors d'un débat en utilisant des notes sur son téléphone portable. « Le gars qui prétend tenir tête à Poutine, il a ses antisèches sur son portable », a-t-elle déclaré sur la chaîne Le Média, selon des propos rapportés par La Dépêche.

Cette passe d'armes illustre la tension qui traverse la primaire, dont l'enjeu principal dépasse la simple désignation d'un candidat. Le scrutin doit en effet trancher le rapport du Parti socialiste à La France insoumise. Deux candidats — dont le favori Raphaël Glucksmann — s'opposent fermement à une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, tandis que les trois autres, dont le premier secrétaire du PS Olivier Faure, y sont favorables. La primaire sociale-démocrate prend ainsi des allures de congrès du Parti socialiste, où se joue l'orientation stratégique de la gauche pour la présidentielle de 2027.

Le parcours sinueux des deux candidats est au cœur des critiques croisées. Raphaël Glucksmann, figure de la gauche pro-européenne, est accusé par ses détracteurs d'incarner une ligne sociale-libérale. Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate malheureuse en 2007, est quant à elle critiquée pour ses positions jugées conservatrices sur certains sujets. Ces accusations mutuelles de « droite » révèlent les fractures idéologiques d'une gauche en recomposition, partagée entre partisans d'une union avec La France insoumise et défenseurs d'une autonomie social-démocrate.

La campagne de Ségolène Royal, marquée par des déclarations percutantes et des positions controversées, lui a valu une forte popularité sur les réseaux sociaux. Mais son positionnement reste ambigu aux yeux de certains électeurs de gauche, qui doutent de sa capacité à rassembler. De son côté, Raphaël Glucksmann, donné favori, doit confirmer son avance dans les urnes et gérer les attaques de ses concurrents, qui l'accusent de diviser la gauche en refusant l'alliance avec les insoumis.

Le premier tour se déroule vendredi et samedi, et le second week-end suivant. Les résultats diront si la stratégie d'opposition à La France insoumise portée par Glucksmann l'emporte, ou si les partisans d'une union plus large parviennent à imposer leur ligne. Pour le Parti socialiste, l'issue du scrutin déterminera non seulement son candidat à la présidentielle, mais aussi sa place dans le paysage politique français à venir.

3Vues

Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.