Udata

samedi 12 septembre 2026 · Paris

Rechercher

Politique 4 min de lecture Par

Retraites : le gouvernement confirme viser 6 milliards d'euros d'économies dès 2027

Le ministre des Comptes publics David Amiel a confirmé vendredi que l'indexation des retraites sur l'inflation pourrait être financée par une réduction, voire une suppression, de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités, une piste qui divise.

Retraites : le gouvernement confirme viser 6 milliards d'euros d'économies dès 2027
Retraites : Le gouvernement confirme prévoir une économie de 6 milliards d’euros dès 2027

Le gouvernement a confirmé vouloir dégager 6 milliards d'euros d'économies sur les retraites dès 2027. Invité de Sud Radio vendredi, le ministre des Comptes publics David Amiel a indiqué que l'indexation des pensions sur l'inflation devrait être compensée par une réduction, voire une suppression, de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient actuellement les retraités. Selon lui, revaloriser l'ensemble des pensions au niveau de l'inflation représenterait « plus de 6 milliards d'euros l'an prochain ».

Une dépense que l'État n'est pas en mesure de financer en l'état. « De ces 6 milliards, on n'a pas aujourd'hui le premier euro », a affirmé le ministre, ajoutant que le maintien simultané de cette indexation et de l'abattement fiscal conduirait à faire « exploser le déficit ». Bercy évalue à 6 milliards d'euros par an le coût de cet abattement, un montant comparable à celui d'une indexation générale des retraites sur l'inflation.

Le ministère considère que cet avantage est « assez orienté vers les retraites aisées », car la baisse de la base imposable procure une économie d'impôt plus importante aux contribuables situés dans les tranches les plus élevées. Créé en 1978, l'abattement de 10 % fait régulièrement l'objet de propositions de réforme. Sa suppression figurait déjà dans le projet de loi de finances pour 2025 avant d'être écartée en commission à l'Assemblée nationale.

Une autre piste consisterait à limiter la revalorisation à certaines pensions, notamment les plus faibles. « Qu'une partie » des retraites pourrait ainsi être indexée, « les plus petites pensions par exemple », a expliqué David Amiel. Cette option supposerait néanmoins de « baisser très fortement » l'abattement de 10 %, dans des proportions correspondant au coût de l'indexation retenue.

Le ministre estime qu'un arbitrage sera nécessaire entre les deux mécanismes. « Ce qui est certain, c'est qu'il faudra choisir entre les deux, il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a-t-il déclaré, en précisant que le Premier ministre Sébastien Lecornu devrait trancher. Actuellement, les retraités peuvent déduire 10 % de leurs pensions imposables, dans la limite de 4 000 euros.

David Amiel a aussi indiqué avoir soumis au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », sans en préciser la nature. Cette annonce intervient dans un contexte budgétaire tendu. Le gouvernement a révisé vendredi ses prévisions de croissance, ramenée à un petit 0,5 % pour 2026, alors que la France est devenue l'un des pays les moins dynamiques de la zone euro.

Le dossier des retraites reste l'un des plus sensibles de la vie politique française. La question du financement de l'indexation des pensions et de la fiscalité des retraités devrait alimenter les débats parlementaires dans les prochains mois, alors que l'exécutif cherche à réduire le déficit public sans renoncer à la protection des retraités les plus modestes. Le choix entre réduction de l'abattement et indexation partielle des pensions constituera un test politique pour le gouvernement, qui devra arbitrer entre économies budgétaires et justice sociale.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.