Politique 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Un documentaire donne la parole aux Israéliens qui tiennent Nétanyahou responsable du 7-Octobre
À la veille des législatives israéliennes, le documentaire « Israël, la démocratie en péril » ausculte les fractures d’une société ébranlée par l’attaque du Hamas et par les interrogations sur l’attitude du gouvernement avant le 7 octobre 2023.
À la veille des élections législatives en Israël, un documentaire donne la parole à des citoyens qui estiment que Benyamin Nétanyahou porte une part de responsabilité dans l’attaque meurtrière du Hamas du 7 octobre 2023. Le film, intitulé « Israël, la démocratie en péril », ausculte les fractures d’une société profondément marquée par ce drame et par les révélations sur l’attitude du Premier ministre à l’égard du groupe terroriste avant cette date.
Diffusé sur France 5 le dimanche 25 octobre à 21 heures, le documentaire se penche sur une société israélienne ébranlée par les extrémismes. Le réalisateur Lucas Menget est allé à la rencontre de citoyens inquiets de la dérive du pouvoir, à quelques jours du scrutin. Dans ce contexte, il explique que « la crainte d’une guerre civile est vive », selon les propos recueillis par Ouest-France lors d’un entretien consacré à son travail.
Le film se déroule dans un climat politique tendu. Les interlocuteurs rencontrés expriment une défiance forte envers le pouvoir en place, qu’ils jugent responsable des failles sécuritaires ayant permis l’attaque du 7 octobre. Ces témoignages, qui ne sont ni pardonnants ni conciliants, traduisent la colère de nombreux Israéliens face à ce qu’ils considèrent comme un manquement de l’État.
Cette colère trouve un écho dans la mobilisation de la rue. Samedi, des milliers de personnes ont défilé à Tel-Aviv contre Benyamin Nétanyahou. L’événement était organisé par le Conseil d’Octobre, un groupe fondé par des familles de victimes et d’otages du 7 octobre, qui réclame la création d’une commission d’enquête sur les failles sécuritaires de ce jour-là. Jusqu’ici, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a refusé une telle commission, pourtant demandée par de nombreux Israéliens.
Les principales figures de l’opposition, qui se présentent aux premières élections depuis le 7 octobre 2023, ont toutes promis de mettre en place cette commission en cas de victoire. Les organisateurs de la manifestation ont présenté leur mobilisation comme « le point culminant de trois ans de combat pour la vérité, pour demander des comptes ».
À ce stade de la campagne, les derniers sondages donnent des résultats très serrés. Le bloc de Benyamin Nétanyahou obtiendrait 50 sièges, contre 52 pour le bloc d’opposition constitué autour de Gadi Eisenkot. Les deux camps restent loin des 61 sièges nécessaires à la Knesset pour gouverner, ce qui laisse présager des négociations difficiles après le scrutin.
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