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À Toulouse, des commerçants baissent le rideau avant la manifestation du 24 octobre

Redoutant la présence de casseurs lors du rassemblement du samedi 24 octobre, plusieurs gérants de magasins du centre-ville de Toulouse ont choisi de fermer, de se barricader ou d'avancer leur horaire de fermeture.

À Toulouse, des commerçants baissent le rideau avant la manifestation du 24 octobre
Manifestation du 24 octobre : Dans quelles villes les rassemblements et défilés sont-ils interdits ?

À Toulouse, la perspective de la manifestation du samedi 24 octobre ne suscite pas seulement de l'inquiétude chez les autorités. Plusieurs commerçants du centre-ville ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes ce jour-là, redoutant la présence de casseurs dans le cortège. D'autres ont choisi de se barricader ou d'avancer l'heure de la fermeture, rapporte La Dépêche du Midi.

« Je ferme », résume l'un de ces gérants, cité par le quotidien régional. Un constat d'abdication partagé par plusieurs professionnels du centre-ville, qui préfèrent renoncer à une journée de chiffre d'affaires plutôt que de risquer de retrouver leur vitrine brisée ou leur stock pillé. La décision n'est pas anodine : elle intervient après les violences et les dégradations qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre, dont les images de vitrines brisées et de pillages ont marqué les esprits.

Le contexte national explique en partie cette prudence. À l'approche de ce que certains présentent comme un acte II, les préfectures de France ont pris diverses mesures pour éviter de nouveaux troubles à l'ordre public. Emmanuel Macron a lui-même invité les préfets, jeudi, à interdire « partout où on le peut » les manifestations non syndicales. Dans plusieurs grandes villes, dont Lyon, Marseille et Montpellier, toutes les manifestations ont été interdites, tandis qu'à Paris un seul cortège a été autorisé, entre Bastille et Nation.

À Toulouse, comme à Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Nice ou Bordeaux, les autorités ont interdit tout rassemblement non autorisé et permis uniquement les demandes déposées par des syndicats. Les cortèges devront en outre respecter un parcours les tenant à l'écart des centres urbains et commerçants. Une manière de protéger les vitrines, mais qui ne suffit pas à rassurer tous les professionnels.

Car sur le terrain, la crainte des casseurs reste vive. Les commerçants du centre-ville de Toulouse ne savent pas précisément quel itinéraire empruntera le défilé, ni si des groupes radicaux s'y joindront. Face à cette incertitude, la fermeture apparaît comme la seule option raisonnable pour certains. D'autres ont opté pour une solution intermédiaire : barricader l'entrée de leur boutique, condamner les vitrines avec des panneaux, ou écourter la journée en fermant plus tôt que d'habitude.

Ce phénomène de retrait n'est pas isolé. Il traduit une forme de lassitude chez des commerçants déjà éprouvés par les mobilisations successives et par les dégradations subies lors des précédents rassemblements. Pour ces gérants, chaque samedi de manifestation devient une équation économique : faut-il ouvrir et prendre le risque d'être touché, ou fermer et perdre une journée de recettes ? La question se pose avec d'autant plus d'acuité que le centre-ville de Toulouse concentre de nombreux commerces indépendants, souvent fragiles financièrement.

Les autorités locales n'ont pas encore détaillé le dispositif de sécurité prévu pour encadrer le rassemblement. Mais la consigne nationale est claire : empêcher les débordements et protéger les biens. Reste à savoir si ces mesures suffiront à convaincre les commerçants de rouvrir leurs rideaux. Pour l'heure, plusieurs d'entre eux ont déjà fait leur choix, et le centre-ville s'apprête à vivre une journée au ralenti, à l'image de ces boutiques qui resteront portes closes par précaution.

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Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.