Société 2 min de lecture Par Noémie Weber
Après le 17 octobre, les influenceurs critiqués pour leur déconnexion avec l’actualité
Des créateurs de contenu, dont Loulou Kitchen, sont pris à partie pour leur silence ou leur attitude face à la contestation sociale du 17 octobre.
Des influenceurs sont sous le feu des critiques après la journée de mobilisation du 17 octobre, reprochant à certains créateurs de contenu une forme de déconnexion avec l’actualité sociale. Dans ce contexte, l’influenceuse Loulou Kitchen a interrogé ses abonnés sur l’opportunité de faire une pause, illustrant la difficulté de trouver la bonne attitude face à une période de contestation.
Comme elle, de nombreux créateurs de contenu peinent à définir leur position lorsque l’actualité sociale prend une place centrale. Entre la volonté de rester fidèles à leur ligne éditoriale, souvent centrée sur le divertissement, et la pression d’un public qui attend des prises de position, l’exercice se révèle délicat. Les réactions, parfois virulentes, montrent que ce positionnement est désormais scruté de près.
À Toulouse, un nouvel appel à manifester a été lancé pour le samedi 24 octobre, après une mobilisation massive le 17 octobre. Plusieurs influenceurs locaux, dont Yann Bouvier, Angelo Rachou et Claire Seiller, se sont engagés sur les réseaux sociaux pour relayer ce mouvement. L’un d’eux affirme que sa responsabilité est de faire entendre leur voix, une démarche qui contraste avec le silence reproché à d’autres créateurs.
Le débat dépasse toutefois la seule question de la prise de parole. Une enquête publiée par Le Monde montre que le 17 octobre a aussi été instrumentalisé par certains influenceurs, notamment proches de l’extrême droite française, pour attirer l’attention de figures internationales du même courant, de l’américain Elon Musk au président salvadorien Nayib Bukele. Une influenceuse liée au parti Reconquête, photographiée lors d’un rassemblement à Orange en septembre 2024, figure parmi les profils cités.
Ces tensions révèlent une attente croissante du public envers les créateurs de contenu, dont l’audience est devenue un espace d’information et de débat à part entière. Le silence, la prise de position ou la récupération politique d’un événement social sont désormais autant de choix scrutés et commentés, sans qu’une norme claire ne s’impose encore au sein de la profession.
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