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Benjamin Ball, figure de la mobilisation du 17 octobre

Ni élu ni représentant syndical, Benjamin Ball s'impose comme l'une des voix des gilets jaunes et l'un des organisateurs de la contestation contre la vie chère, au point de négocier les parcours de manifestations avec la préfecture de police de Paris.

Benjamin Ball, figure de la mobilisation du 17 octobre
Mobilisation du 17 octobre : Qui est Benjamin Ball, l’un des leaders de la contestation

Il n'est ni député, ni maire, ni secrétaire général d'un syndicat, et pourtant Benjamin Ball s'est retrouvé à la table des négociations avec la préfecture de police de Paris pour discuter des parcours des manifestations contre la vie chère. Une position singulière qui interroge sur le rôle de cette figure de la coordination des gilets jaunes, devenue l'un des visages de la mobilisation du 17 octobre.

Benjamin Ball est l'une des voix de cette coordination et le cofondateur du site, qui recensait pour la journée du 17 octobre les manifestations, blocages et autres actions prévues dans toute la France. La plateforme appelait à la convergence des luttes entre gilets jaunes, jeunes, retraités, défenseurs du climat, agriculteurs et habitants des quartiers populaires. Derrière ce site se trouve un groupe d'une centaine de personnes, dont un noyau dur d'une dizaine, selon l'intéressé, qui diffuse des communiqués parfois signés par quelques figures, dont lui-même, l'avocat de gilets jaunes David Libeskind et la gilet jaune Azelma Sigaux.

Cette visibilité tranche avec les réticences du mouvement des gilets jaunes, en 2018 et 2019, à voir émerger des chefs. « Petit à petit, on évite le problème qui a eu lieu en 2018, c'est-à-dire que Macron a refusé de recevoir les gilets jaunes en disant qu'il ne savait pas à qui parler, donc il ne parlait à personne », explique Benjamin Ball, qui décrit un mouvement « organique, en chemin », prenant ses décisions en consultant ses différentes composantes.

Agé de 42 ans et installé dans le Val-d'Oise, il se présente comme « militant pour le climat et la justice sociale » et « organisateur de communautés ». Son parcours militant est ancien. Originaire du Calvados, il a fondé une section locale d'ATTAC alors qu'il était encore lycéen et organisé ses premières manifestations. A la faculté, il a rejoint le syndicat étudiant Unef et les Verts, avant de participer à l'importation du mouvement des Indignés en France en 2011. En 2014, il a été responsable web de Nouvelle Donne pour les élections européennes, quittant le mouvement la même année. Il a également pris part à Nuit debout en 2016.

Plus récemment, Benjamin Ball a été coorganisateur du mouvement « Bloquons Tout » en septembre 2025 et des marches « pour le climat et la justice sociale » le 26 septembre 2026. Encore membre de L'Après, il indique ne plus participer aux réunions de ce mouvement d'anciens de La France insoumise et appartenir aux Verts Populaires, un mouvement pour « une écologie de rupture ». Selon StreetPress, certains militants de gauche parisiens, dans les années 2010, ne validaient pas forcément ses méthodes.

Après les mobilisations du 17 octobre, il a cosigné un article sur son site affirmant : « Nous refusons d'ajouter notre voix au concert de l'indignation. Cette colère, nous ne la condamnons pas : nous la saluons. » Aux commerçants en difficulté après le week-end dernier, il lance : « Baissez les rideaux, venez manifester avec nous, nous allons obtenir toutes les revendications nécessaires pour l'ensemble de la population. » Il a répété ce message sur France 2, mercredi, alors qu'il était invité sur Télématin.

Pour lui, la suite passe par la convergence des luttes et par le suivi de « l'élan » donné par la base du mouvement, avec des mobilisations les samedis 24 et 31 octobre, puis le jeudi 5 novembre, date à laquelle une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU appelle à faire grève et à manifester. Son site a lancé un appel à un « acte II » le samedi 24 octobre, écrivant que « Macron doit partir et laisser la place au peuple ». Jeudi, il recensait 500 actions, dont 360 manifestations.

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Rémi Lefèvre

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Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.