Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Blocage des lycées : une trentaine de facultés rejoignent la contestation, un lycée incendié à Nantes
Le mouvement de blocage des lycées s'est étendu jeudi à une trentaine de campus universitaires à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers et Nanterre. À Nantes, le hall du lycée Nelson Mandela a été détruit par un incendie, entraînant la fermeture de l'établissement pour une durée indéterminée.
Le mouvement de contestation sociale né dans les lycées français s'est élargi jeudi à l'enseignement supérieur. Selon l'Union étudiante, une trentaine de facultés ont rejoint le blocage, notamment à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon 2, Reims, Poitiers et Nanterre. Les lycées restent par ailleurs perturbés en Île-de-France, à Marseille, Strasbourg, Rennes et Nantes.
À Nantes, l'entrée du lycée Nelson Mandela a été entièrement ravagée par les flammes dans la matinée, en marge du mouvement de colère. Alertés, les pompiers se sont rapidement rendus sur les lieux, faisant face à une immense colonne de flammes. D'après les informations disponibles, plusieurs départs de feu auraient été constatés aux abords de cet établissement public situé sur l'île de Nantes. Inauguré en 2014, le bâtiment a vu sa façade et son bardage en bois brûler en quelques instants, sous le regard de lycéens mobilisés.
Le conseil régional des Pays-de-la-Loire, propriétaire du bâtiment, a confirmé des dégâts très importants. « L'état des lieux n'a pas encore pu être établi. Les pompiers sont toujours sur place », a indiqué la collectivité, précisant qu'aucun lycéen ne se trouvait à l'intérieur du bâtiment au moment du sinistre. Le rectorat a confirmé que l'établissement restera fermé pour une durée indéterminée. L'académie de Nantes a fait état de « violences en direction des personnels » ayant émaillé le rassemblement devant l'entrée du lycée Mandela, avant que la façade ne soit incendiée. « Les personnels et les élèves ont été évacués, les forces de l'ordre et les pompiers se sont rendus sur place », a précisé l'académie. À 11 heures, le feu avait été circonscrit.
La présidente de la région, Christelle Morançais (LR), a immédiatement condamné ces faits. « Partout les mêmes casseurs. Partout la même violence. Partout la même instrumentalisation politique. Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire. Ce n'est pas la jeunesse de France », a dénoncé l'élue. Ces déclarations interviennent alors que le mouvement de contestation, parti des lycées, gagne désormais les campus universitaires, élargissant la mobilisation à de nouvelles villes.
À Toulouse, des feux de poubelles ont été signalés et des CRS ont été déployés en renfort, selon les informations relayées par la presse locale. La situation reste tendue dans plusieurs agglomérations, où les autorités surveillent l'évolution des rassemblements. Le blocage des lycées, qui a débuté en début de semaine, continue de perturber la vie scolaire dans de nombreux établissements, tandis que les universités rejoignent progressivement le mouvement.
L'incendie du lycée Nelson Mandela constitue l'épisode le plus violent depuis le début de la contestation. Il relance les débats sur la sécurité des établissements scolaires et sur l'instrumentalisation politique des mouvements lycéens. Les autorités n'ont pas encore communiqué de bilan humain ni d'estimation précise des dégâts matériels. Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les circonstances exactes du sinistre.
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