Société 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Blocages des lycées en Haute-Garonne : la préfecture interdit rassemblements et pétards autour des établissements
Face aux nouveaux appels au blocage des lycées ce lundi 5 octobre, la préfecture de Haute-Garonne renforce les mesures de sécurité : rassemblements interdits aux abords des établissements, transport de pétards et fumigènes prohibé, contrôles renforcés. Au niveau national, 400 à 500 lycées fermeront et le Premier ministre demande la reprise des cours partout où la sécurité le permet.
La préfecture de Haute-Garonne a pris une série de mesures restrictives avant une nouvelle journée de mobilisation dans les lycées, ce lundi 5 octobre. Les rassemblements aux abords des établissements scolaires sont interdits, tout comme le transport de pétards et de fumigènes. Des contrôles renforcés seront effectués autour des lycées du département. Cette décision fait suite aux incidents survenus vendredi à Toulouse, en marge du mouvement de blocage qui s’étend depuis plusieurs semaines.
Au niveau national, la situation reste tendue. Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé dimanche que les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus lundi dans « 400 à 500 » lycées où les conditions de sécurité « ne sont pas réunies ». Vingt-quatre établissements scolaires ont été « incendiés ou saccagés » depuis le début du mouvement. En Île-de-France, plus d’un tiers des lycées publics, soit plus de 160 établissements sur 468, resteront fermés, a précisé la présidente de la région, Valérie Pécresse, qui déplore une dérive vers des « émeutes urbaines ».
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a adressé dimanche une « feuille de route » à plusieurs de ses ministres pour répondre à une partie des revendications lycéennes. Il demande que les cours reprennent « partout » où la sécurité le permet et fixe un calendrier : lancement dès cette semaine, dans chaque académie, d’un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », avec un premier bilan attendu le 16 octobre. Une réunion avec les présidents de région sur la rénovation des bâtiments scolaires est convoquée mardi, et des propositions d’amélioration de Parcoursup sont attendues d’ici fin octobre.
Le mouvement de protestation, débuté le 17 septembre en région parisienne, s’est progressivement étendu à tout le territoire. Il s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes. La journée de vendredi a été marquée par des tensions et plus de 1 700 interpellations, portant le total à environ 5 000 depuis lundi. Les organisateurs appellent à poursuivre la mobilisation mardi, faute de « mesures concrètes ».
Les lycéens mobilisés réclament davantage de moyens humains et financiers pour l’Éducation nationale. Ils dénoncent la pression liée à Parcoursup, les professeurs non remplacés, des bâtiments délabrés et des emplois du temps trop chargés. À Belfort, deux mineurs ont été poursuivis pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier en marge des blocages, illustrant la tension qui entoure le mouvement.
Dans ce contexte, les autorités cherchent à encadrer strictement les rassemblements pour éviter de nouveaux débordements. Les contrôles renforcés dans le département de la Haute-Garonne visent notamment à empêcher l’introduction d’artifices et de fumigènes, utilisés lors des précédents incidents. La préfecture n’a pas précisé la durée de ces mesures, qui s’appliquent pour la journée de lundi.
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