Société 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Des présidents d’universités refusent la suppression de Parcoursup
France Universités met en garde contre une suppression précipitée de Parcoursup, alors que des lycéens réclament la fin de la plateforme et qu’Emmanuel Macron évoque une refonte en profondeur.
Des présidents d’universités et des directions d’établissements d’enseignement supérieur s’opposent à la suppression pure et simple de Parcoursup, réclamée par des lycéens mobilisés depuis plusieurs semaines dans la rue pour obtenir de meilleures conditions d’éducation. Dans un communiqué commun, France Universités affirme que cette suppression « n’est pas la solution magique » et qu’elle ne doit pas être précipitée.
L’association, qui regroupe 117 directions d’établissements, dont les présidents d’une soixantaine ou d’une soixantaine-dix d’universités selon les formulations relayées, prévient qu’une suppression immédiate sans solution de remplacement conduirait à une « catastrophe à court terme ». Elle précise que cette situation devra être assumée devant les prochains bacheliers, qui formuleront leurs vœux d’orientation en juillet.
France Universités rappelle que la plateforme, créée en 2018, n’est pas parfaite mais qu’elle a bénéficié d’« améliorations successives » depuis huit ans. Selon l’association, Parcoursup n’est pas responsable de l’insuffisance des capacités d’accueil dans certaines filières très demandées, comme la santé. Elle juge « majeur » de ne pas confondre l’outil et la politique délibérée de réduction des moyens qui, ces dernières années, a créé de fortes tensions pour l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Le débat intervient alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu vendredi, auprès de lycéens reçus à l’Élysée, le « besoin d’une refonte en profondeur » de cette plateforme d’orientation. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présenter lundi de premières décisions en lien avec les revendications de la jeunesse, un rendez-vous attendu par les lycéens.
Au-delà de la controverse sur la plateforme, la dynamique démographique de l’enseignement supérieur reste orientée à la hausse. Selon une note publiée jeudi par le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, les effectifs du public et du privé augmentent de 0,8 % à la rentrée 2026, pour atteindre 3.075.000 étudiants. Le ministère prévoit une nouvelle progression de 0,6 % à la rentrée 2027, ce qui place les établissements devant des besoins d’accueil croissants, au moment même où le débat porte sur les outils d’orientation et sur les moyens qui leur sont alloués.
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