Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Féminicides : 111 femmes tuées en 2025 dans des violences conjugales, en hausse de 4 %
Le ministère de l'Intérieur a publié mercredi 14 octobre son étude annuelle sur les violences conjugales. En 2025, 111 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024. Le nombre total d'homicides au sein du couple est toutefois en baisse, avec 136 morts violentes enregistrées, dont 25 hommes.
Le ministère de l'Intérieur a dévoilé, mercredi 14 octobre, les conclusions de son étude annuelle sur les violences conjugales en France. Le bilan est en hausse : 111 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire en 2025, soit une augmentation de 4 % par rapport à l'année précédente. Ce chiffre marque une dégradation après une période de relative stabilisation, et confirme que les violences au sein du couple demeurent un fléau majeur dans le pays.
Le rapport annuel du ministère de l'Intérieur, qui recense les morts violentes au sein du couple à partir des données des forces de l'ordre, constitue la référence statistique officielle sur le sujet. Il permet de suivre l'évolution du phénomène année après année et d'orienter les politiques publiques de prévention. Pour 2025, le nombre total d'homicides conjugaux, femmes et hommes confondus, s'élève à 136 morts violentes, un chiffre globalement en baisse par rapport à 2024. Cette diminution globale masque toutefois une réalité contrastée : si le nombre de femmes tuées augmente, celui des hommes victimes recule nettement, avec 25 hommes tués, soit une baisse de 19 %.
Cette asymétrie entre les sexes reflète la nature structurelle des violences conjugales, qui touchent majoritairement les femmes. Les associations féministes et les acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes rappellent régulièrement que ces chiffres ne constituent que la partie émergée d'un phénomène plus large, incluant les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques qui ne se traduisent pas toujours par des homicides. Le nombre de signalements pour violences conjugales a d'ailleurs augmenté ces dernières années, en partie grâce à une meilleure prise en charge et à une libération de la parole.
La publication de ce bilan annuel intervient dans un contexte de mobilisation continue des associations et de débat public sur l'efficacité des dispositifs de protection. Le gouvernement a mis en place plusieurs mesures ces dernières années, notamment le bracelet anti-rapprochement, la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital et le renforcement de la formation des forces de l'ordre. Malgré ces dispositifs, le nombre de féminicides reste élevé, et chaque nouvelle victime relance les interrogations sur les failles du système de protection.
Les chiffres du ministère de l'Intérieur sont publiés chaque année à l'automne et servent de base aux travaux parlementaires et aux évaluations des politiques publiques. Ils sont également utilisés par les associations pour interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité de moyens supplémentaires, notamment en matière d'hébergement d'urgence, d'accompagnement juridique et de suivi psychologique des victimes. La hausse de 4 % enregistrée en 2025 devrait alimenter les débats sur l'efficacité des mesures existantes et sur les moyens alloués à la lutte contre les violences conjugales.
Au-delà des statistiques, chaque féminicide renvoie à une histoire individuelle et à un échec collectif. Les proches des victimes, les associations et les professionnels de terrain appellent à une prise de conscience durable et à des actions concrètes pour prévenir ces drames. Le rapport du ministère de l'Intérieur rappelle que la lutte contre les violences conjugales reste un chantier majeur pour la société française, et que les progrès enregistrés dans la prise en charge des victimes ne suffisent pas encore à inverser la tendance.
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