Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
L'usage du téléphone au volant désormais sanctionné par une suspension du permis dans toute la France
Le ministère de l'Intérieur a demandé aux préfets de généraliser la suspension du permis de conduire pour usage du téléphone au volant, une mesure jusqu'ici limitée à quelques départements.
Conduire en tenant son téléphone va désormais coûter cher, partout en France. Le ministère de l'Intérieur a adressé une instruction à l'ensemble des préfets pour leur demander de généraliser la suspension du permis de conduire en cas d'usage du téléphone au volant, une sanction qui n'était appliquée que dans quelques départements jusqu'à présent.
La consigne a été transmise mardi 29 septembre, selon les informations rapportées par plusieurs médias nationaux. Elle vise à harmoniser sur tout le territoire une pratique répressive qui variait fortement d'un département à l'autre. L'objectif affiché par le gouvernement est de rendre la sanction effective et dissuasive face à un comportement encore très répandu sur les routes françaises.
« Il faut une sanction réelle », a résumé le ministère de l'Intérieur, cité par Le Figaro, pour justifier cette généralisation. Selon BFM, l'exécutif assume de cibler en priorité « monsieur et madame Tout-le-Monde », c'est-à-dire l'automobiliste ordinaire, plutôt que les grands délinquants routiers. Le téléphone au volant reste en effet l'une des principales causes d'accidents mortels en France, en raison de la distraction qu'il provoque et de l'allongement du temps de réaction qu'il entraîne.
Jusqu'ici, la suspension du permis pour ce motif relevait d'initiatives locales. Certains préfets avaient déjà mis en place cette sanction, tandis que d'autres se contentaient de l'amende forfaitaire et du retrait de points prévus par le Code de la route. Cette disparité géographique créait une inégalité de traitement entre conducteurs selon leur lieu de résidence ou de circulation, un point que l'instruction du ministère entend corriger.
Concrètement, les préfets devront désormais prononcer des suspensions administratives de permis à l'encontre des conducteurs surpris en train d'utiliser leur téléphone au volant. Cette procédure s'ajoute aux sanctions déjà existantes, notamment l'amende et le retrait de points. La durée de la suspension et les modalités précises d'application devraient être déclinées par chaque préfecture, dans le cadre fixé par l'instruction ministérielle.
La mesure s'inscrit dans un contexte de durcissement de la politique de sécurité routière. Le gouvernement cherche à envoyer un signal fort aux automobilistes, alors que les comportements à risque liés au smartphone restent difficiles à faire reculer. Les associations de victimes de la route réclament depuis plusieurs années une réponse pénale et administrative plus ferme, estimant que l'amende seule ne suffit pas à modifier les habitudes.
Reste à savoir comment cette généralisation sera appliquée sur le terrain. Les forces de l'ordre devront constater l'infraction, ce qui suppose des contrôles réguliers et une coordination avec les préfectures. La réussite de la mesure dépendra aussi de la capacité des autorités à faire connaître la nouvelle règle et à la faire respecter de manière uniforme, sans créer de nouvelles disparités entre les territoires.
Pour les conducteurs, la règle est désormais claire : utiliser son téléphone au volant peut entraîner la suspension du permis, et ce dans toute la France. Une évolution qui pourrait peser sur les comportements, à condition que la sanction soit effectivement prononcée et comprise comme telle.
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