Société 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Le coût de la vie pèse sur les relations amoureuses des jeunes Français
À 30 ans, Paul estime ne pas gagner assez d'argent pour être en couple. Son témoignage illustre une tendance plus large : selon une enquête australienne, 56 % des personnes interrogées affirment que le coût de la vie affecte leur vie amoureuse ou sexuelle.
Le coût de la vie ne se contente pas de peser sur le budget des ménages. Il s'invite aussi dans la vie amoureuse. À 30 ans, Paul aimerait pouvoir vivre sa vie sentimentale sans avoir à surveiller constamment son compte bancaire. Mais les dépenses liées aux rencontres — verres en terrasse, restaurants, sorties du week-end, déplacements pour rejoindre l'autre — lui donnent le sentiment de ne pas gagner suffisamment d'argent pour être en couple. Un constat qui dépasse largement la question de savoir qui doit payer l'addition au premier rendez-vous.
Ce témoignage fait écho à une tendance plus large. Selon l'enquête Body+Soul Sex Census 2026, 56 % des Australiens interrogés estiment que le coût de la vie affecte leur vie sexuelle ou amoureuse. Un chiffre qui suggère que les difficultés économiques ne se limitent pas à une question de pouvoir d'achat : elles touchent aussi la confiance en soi et la capacité à se projeter dans une relation.
Quand l'argent fragilise l'estime de soi
L'argent n'est pas seulement un moyen de payer des sorties. Il influence la manière dont on se perçoit et dont on pense être perçu par les autres. Dans cette même enquête, 21 % des personnes interrogées déclarent que le coût de la vie les fait se sentir moins attirantes ou moins confiantes. Un résultat qui rappelle que les difficultés financières peuvent atteindre des dimensions très personnelles de l'identité.
Lorsqu'on peine à payer ses factures ou à mettre de l'argent de côté, il devient parfois difficile d'imaginer pouvoir séduire quelqu'un. On repousse alors les rencontres, on refuse certaines invitations, on craint de ne pas correspondre aux attentes d'un partenaire potentiel. Paul reconnaît ainsi avoir déjà annulé des rendez-vous faute de moyens. Il aimerait pouvoir inviter une femme dans un bon restaurant, offrir des cocktails et ne pas compter, mais ces dépenses représentent un budget important.
Une pression qui pèse surtout sur les hommes
Cette pression est particulièrement présente chez les hommes, encore souvent associés au rôle de celui qui invite et prend en charge les dépenses. L'essor des applications de rencontres multiplie les possibilités de faire des rencontres, mais certains célibataires peuvent paradoxalement avoir le sentiment de ne pas disposer des moyens nécessaires pour en profiter. La multiplication des occasions de rencontre ne suffit pas à compenser le poids des contraintes financières.
Le cas de Paul illustre une réalité plus large : les difficultés économiques ne se contentent pas de réduire le pouvoir d'achat, elles peuvent aussi retarder ou compliquer l'engagement dans une relation. Entre la peur de ne pas être à la hauteur et la nécessité de gérer un budget serré, la vie amoureuse devient parfois un luxe que l'on repousse à plus tard.
Cette situation interroge la place de l'argent dans les relations contemporaines. Alors que les rencontres sont de plus en plus médiatisées par les applications et les attentes sociales, le coût de la vie s'impose comme un facteur invisible mais bien réel dans la formation des couples. Pour Paul, comme pour beaucoup d'autres, la question n'est pas seulement de savoir combien coûte un dîner, mais de savoir si l'on peut se permettre d'aimer sans compter.
3




