Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Le « Livre de l'Apocalypse », illustré par Salvador Dalí, volé dans un musée d'Issoire
L'ouvrage unique édité par Joseph Forêt et illustré par quatorze artistes, dont Salvador Dalí, a été dérobé dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre au centre d'art contemporain d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Une enquête a été ouverte.
Le « Livre de l'Apocalypse », présenté comme le livre le plus cher du monde et illustré notamment par Salvador Dalí, a été volé dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre au centre d'art contemporain d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Le parquet de Clermont-Ferrand a confirmé le vol, et une enquête a été ouverte pour retrouver l'œuvre et ses auteurs.
L'ouvrage, édité en un seul exemplaire, est l'œuvre de Joseph Forêt. Conçu comme une œuvre d'art totale autour de l'Apocalypse de Saint-Jean, il a mobilisé quatorze artistes et écrivains entre 1958 et 1961. Parmi eux figurent quelques-uns des noms les plus célèbres de l'époque, comme Jean Cocteau, Jean Giono ou Bernard Buffet, en plus de Salvador Dalí, qui a réalisé la couverture en bronze. Cette couverture pèse à elle seule 150 kilogrammes, ce qui fait de l'objet l'un des livres les plus lourds jamais conçus.
« C'est une œuvre cathédrale, magistrale, unique au monde », a déclaré Christian Karoutzos, propriétaire de l'œuvre exposée au centre d'art contemporain d'Issoire, au micro de la radio Ici Pays d'Auvergne. « On a assassiné la France cette nuit, on a assassiné le patrimoine français. » Le vol a suscité une vive émotion dans le milieu culturel et patrimonial, tant la pièce est considérée comme irremplaçable.
Le « Livre de l'Apocalypse » était exposé à Issoire, une commune du Puy-de-Dôme, où il attirait l'attention des amateurs d'art et des curieux. Sa disparition pose la question de la sécurité des œuvres dans les musées privés et les centres d'art contemporain, souvent moins protégés que les grandes institutions nationales. Le caractère spectaculaire du vol, qui a mobilisé une logistique importante compte tenu du poids de la couverture en bronze, laisse penser qu'il a été soigneusement préparé.
L'enquête, confiée aux autorités compétentes, devra déterminer les circonstances exactes du cambriolage et identifier les responsables. Les enquêteurs chercheront notamment à savoir comment les voleurs ont pu accéder au musée et extraire une pièce aussi volumineuse et lourde sans être inquiétés. Aucune interpellation n'a été signalée dans l'immédiat.
Ce vol intervient dans un contexte où les atteintes au patrimoine culturel se multiplient en France et en Europe. Ces dernières années, plusieurs affaires de vols d'œuvres d'art ont défrayé la chronique, rappelant la vulnérabilité des collections, qu'elles soient publiques ou privées. La valeur exceptionnelle du « Livre de l'Apocalypse », à la fois artistique, historique et symbolique, en fait une cible de choix pour les réseaux spécialisés dans le trafic d'objets d'art.
L'ouvrage demeure introuvable à ce stade. Les autorités n'ont pas communiqué d'estimation chiffrée du préjudice, mais le caractère unique de la pièce rend toute évaluation purement monétaire difficile. Pour les défenseurs du patrimoine, la perte est avant tout culturelle : le « Livre de l'Apocalypse » représentait un témoignage rare de la collaboration entre les plus grands artistes et écrivains français du milieu du XXe siècle.
4




