Société 3 min de lecture Par Noémie Weber
Main arrachée à Saint-Étienne : une plainte visant Laurent Nuñez déposée devant la Cour de justice de la République
Après la mutilation d'un mineur de 17 ans à Saint-Étienne en marge de la mobilisation du 17 octobre, une plainte pour « complicité de violences aggravées » a été déposée contre Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République. L'IGGN et l'IGPN sont co-saisies.
Une plainte pour « complicité de violences aggravées » a été déposée contre Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République, après qu'un jeune de 17 ans a eu la main arrachée à Saint-Étienne, en marge de la journée de contestation du 17 octobre. La procédure vise le responsable des forces de l'ordre au plus haut niveau de l'État, dans un dossier qui touche directement à l'usage des armes de maintien de l'ordre.
Les faits se sont produits un samedi, lors de la mobilisation nationale. Le mineur a été blessé par une grenade, selon les éléments disponibles. La gravité de la blessure — une amputation de la main — a immédiatement placé l'affaire au centre des débats sur les conditions d'intervention des forces de l'ordre pendant les manifestations.
Sur le plan judiciaire, l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a été co-saisie avec l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette double saisine souligne la volonté d'établir les responsabilités dans une affaire où l'auteur du tir est également visé par une plainte, selon les informations disponibles. La Cour de justice de la République, compétente pour les actes commis par les membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions, est donc désormais saisie d'une procédure distincte de l'enquête administrative.
La journée du 17 octobre a été marquée par une série de violences et de dégradations dans plusieurs villes. À Bordeaux, le maire a organisé un « rassemblement républicain » dans la cour de l'hôtel de ville le 19 octobre, tandis que des élus ont appelé à « faire bloc » devant les mairies. Ces initiatives traduisent la tension qui entoure la gestion de l'ordre public et la volonté des responsables locaux d'afficher leur soutien aux institutions.
À Lyon, les pillages de commerces ont donné lieu à des interpellations, dont celle d'un homme de 19 ans arrêté à Vienne, en Isère, avec des sacs remplis de vêtements, de chaussures et de bijoux dérobés. Ces faits, distincts de la blessure du mineur stéphanois, illustrent l'ampleur des troubles qui ont accompagné la mobilisation et la diversité des procédures ouvertes.
La plainte contre Laurent Nuñez intervient dans un contexte où la question de la responsabilité hiérarchique des forces de l'ordre est de plus en plus discutée. La saisine de la Cour de justice de la République constitue une étape procédurale rare, qui pourrait avoir des conséquences sur la manière dont les autorités justifient l'emploi de certaines armes lors des manifestations. Pour l'heure, aucune décision n'a été rendue sur le fond, et les investigations se poursuivent sous la conduite des inspections compétentes.
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