Udata

samedi 10 octobre 2026 · Paris

Rechercher

Société 4 min de lecture Par

Main arrachée à un lycéen à Lens : le tir de grenade jugé « conforme » par le parquet

Le parquet de Béthune estime que le CRS ayant tiré une grenade assourdissante qui a arraché la main d'un lycéen de 15 ans à Lens a respecté les procédures. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l'explosion, alors que la famille a porté plainte et que le ministre de l'Intérieur a suspendu l'usage de ces grenades.

Main arrachée à un lycéen à Lens : le tir de grenade jugé « conforme » par le parquet
Main d’un lycéen arrachée à Lens : Le tir de grenade était « conforme », estime le parquet

Le parquet de Béthune a estimé que le tir de grenade assourdissante qui a coûté sa main gauche à un lycéen de 15 ans devant le lycée Auguste-Béhal à Lens, lundi 5 octobre, était « conforme » aux procédures réglementaires. Vendredi, le procureur Etienne Thieffry a indiqué que le CRS à l'origine du tir avait agi sur ordre et selon le mode opératoire préconisé par sa formation, sur la base des premiers éléments recueillis par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

L'adolescent avait été grièvement blessé lors d'une intervention policière devant l'établissement, où des CRS avaient été visés par des tirs de mortiers et des jets de pierres. Selon le procureur, le fonctionnaire, habilité à utiliser cette arme, « a agi sur ordre de l'autorité de commandement et a procédé à ce tir conformément au mode opératoire préconisé par la documentation de formation ».

Les circonstances exactes de l'explosion restent toutefois à déterminer. « Il n'existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l'explosion de la grenade », a précisé Etienne Thieffry. Les investigations doivent notamment établir si l'adolescent a ramassé l'engin ou si celui-ci est tombé directement sur lui. D'après les témoignages recueillis, qui concordent à l'exception d'un seul, la grenade aurait été lancée à environ 80 mètres avant de tomber au sol. Plusieurs manifestants s'en seraient alors approchés et l'un d'eux l'aurait saisie avant son explosion.

Le lycéen, toujours hospitalisé, sera entendu dès que son état de santé le permettra. Sa mère, auditionnée jeudi, a « déposé plainte pour les blessures subies par son fils », a confirmé le parquet. Son avocate, sollicitée vendredi par l'AFP, n'a pas souhaité s'exprimer. Les enquêteurs poursuivent leurs recherches de vidéos et de témoignages, ainsi que leurs investigations techniques, afin de préciser les circonstances de l'accident.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte de mobilisation lycéenne et de critiques croissantes contre l'usage de la force par les forces de l'ordre. Mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné la suspension de l'utilisation des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne, dans l'attente des conclusions sur les événements de Lens. Par ailleurs, l'IGPN a été saisie de 24 enquêtes depuis fin septembre, destinées à faire la lumière sur des actes de violences reprochés à des policiers lors des blocus de lycées, selon le ministère de l'Intérieur. D'autres incidents graves ont été signalés, notamment à Dunkerque, où une adolescente de 14 ans a porté plainte après avoir été percutée par une voiture de police lundi. Une enquête avait été ouverte par le parquet pour « mise en danger d'autrui », après la diffusion d'une vidéo montrant le véhicule « avancer à vive allure à proximité de plusieurs personnes à pied ».

La suspension des grenades assourdissantes reste en vigueur jusqu'aux conclusions de l'enquête sur Lens. Le parquet de Béthune continue d'examiner les responsabilités, tandis que la famille du lycéen attend que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame.

5Vues

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.