Société 5 min de lecture Par Pauline Delorme
Mobilisation des lycéens : à Lens, le blocage se poursuit dans un climat apaisé
Les blocages de lycées et d'universités se poursuivent en France. À Lens, les lycéens restent mobilisés dans une ambiance plus calme, alors qu'une nouvelle journée d'action est prévue le 13 octobre.
Les blocages de lycées et d'universités se poursuivent à travers la France, et des manifestations sont organisées ce jeudi dans plusieurs grandes villes pour « l'acte 4 » de la mobilisation des lycéens et des étudiants. À Lens, dans le Pas-de-Calais, les élèves restent mobilisés, mais le climat y est plus apaisé que dans d'autres villes, où des tensions et des dégradations ont été signalées.
Selon les informations recueillies, l'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 13 octobre. Cette annonce intervient alors que le mouvement, parti de la colère des lycéens contre les conditions d'accueil et les effectifs, s'étend à de nombreux établissements et universités. À Lens, les participants évoquent une « bonne ambiance », signe que la mobilisation peut se dérouler sans les heurts observés ailleurs.
À Toulouse, la journée de ce jeudi 8 octobre a été marquée par des rassemblements, des heurts et une trentaine d'arrestations. Les élèves étaient de nouveau dans la rue après plusieurs jours de tensions devant les lycées toulousains. Une deuxième manifestation de la semaine a réuni plus de 3 000 personnes, selon les organisateurs, dans un contexte de forte mobilisation.
À l'échelle nationale, la mobilisation des lycéens a rassemblé 71 500 personnes en France, dont 24 500 à Paris, selon les chiffres communiqués. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé l'arrivée imminente de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées où la situation est la plus critique. Cette annonce vise à répondre aux difficultés de remplacement qui ont alimenté la colère des élèves et des enseignants.
Près de Bordeaux, un lycée a été en partie « saccagé » lors d'une intrusion en marge de la mobilisation. Le proviseur de l'établissement a fait état de plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts. Au lycée polyvalent de Lormont, la journée avait débuté par une assemblée générale qui s'est « très bien passée » entre élèves, enseignants et direction, selon le proviseur Thierry Malewicz. À l'extérieur, un groupe d'individus cagoulés et masqués lançait des cailloux sur les forces de l'ordre.
L'intrusion s'est produite au départ des élèves vers la manifestation. D'après le procureur de Bordeaux, Renaud Gaudeul, qui a ouvert une enquête, un groupe de 30 à 40 personnes, « plutôt jeunes, sans être non plus nécessairement toutes mineures », est entré dans les lieux avec « une volonté de saccager ». Plusieurs classes ont été dévastées, des vitres et du matériel informatique cassés. Au moins une dizaine d'ordinateurs, d'une valeur de 3 000 euros pièce, a été volée. Une pièce abritant le papier de la section graphique a été incendiée pour un préjudice évalué entre 100 000 et 200 000 euros, selon le proviseur. Le personnel et les élèves ont été confinés puis évacués pendant l'intervention des pompiers.
Le recteur d'académie, Jean-Marc Huart, a dénoncé des actes qui vont « à l'inverse de ce pour quoi des lycéens se battent au quotidien depuis dix jours ». La préfète Sophie Brocas a estimé qu'alors que « le dialogue est noué », il est « très regrettable que d'autres dégradent ». Le vice-président de région Jean-Louis Nembrini a déploré « un crève-cœur », rappelant que la Région consacre « plus de 170 millions d'euros aux investissements dans les lycées ». Une autre intrusion sans casse a contraint un lycée de Talence à suspendre ses cours.
À Bordeaux, la manifestation a réuni 2 800 personnes selon la préfecture et s'est déroulée dans le calme, avant que des individus n'allument des feux de poubelles en centre-ville. Les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles par des tirs de lacrymogène. Un incendie a notamment visé une antenne du commissariat central. « Les pompiers sont intervenus rapidement et on a extrait deux collègues des lieux », a indiqué une source policière.
La mobilisation des lycéens et des étudiants intervient dans un contexte social tendu, où les questions d'éducation, de moyens et de conditions de travail occupent une place centrale. Les appels à manifester se multiplient, et l'intersyndicale a d'ores et déjà fixé une nouvelle échéance au 13 octobre. À Lens, comme dans d'autres villes, les élèves entendent maintenir la pression, mais dans un cadre plus serein, espérant que le dialogue aboutisse à des solutions concrètes.
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