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lundi 28 septembre 2026 · Paris

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Soumission chimique : une campagne nationale de sensibilisation lancée avec Gisèle Pelicot

L'association M'endors pas, fondée par Caroline Darian, lance la première campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique, avec le soutien de sa mère Gisèle Pelicot. Objectif : alerter sur un « fléau de santé publique » encore mal identifié.

Soumission chimique : une campagne nationale de sensibilisation lancée avec Gisèle Pelicot
«Des crimes dont on ne se souvient pas» : la première campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique débute ce lundi

Une première campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique débute en France, portée par l'association M'endors pas et sa fondatrice Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot. Cette initiative, placée sous le slogan « Des crimes dont on ne se souvient pas », vise à faire connaître un phénomène encore largement sous-estimé et à briser le silence qui l'entoure.

La soumission chimique consiste à administrer à une personne, à son insu, une substance psychoactive — médicament détourné, drogue ou alcool — afin de la neutraliser et de commettre sur elle des violences, notamment sexuelles. Le caractère invisible de ces actes, l'amnésie qu'ils provoquent et la difficulté à recueillir des preuves en font un crime particulièrement difficile à identifier et à poursuivre.

Caroline Darian, elle-même victime de soumission chimique par son père Dominique Pelicot, a fondé l'association M'endors pas pour militer contre ce qu'elle qualifie d'« asservissement chimique ». Elle décrit la soumission chimique comme « un véritable fléau de santé publique », soulignant que les victimes ignorent souvent ce qui leur est arrivé et que les professionnels de santé comme les forces de l'ordre manquent d'outils pour détecter ces situations.

La campagne, lancée avec le concours de Gisèle Pelicot, dont le procès des viols de Mazan a mis en lumière l'ampleur de ces pratiques, entend combler ce vide. Elle s'adresse au grand public, mais aussi aux personnels soignants, aux forces de l'ordre et aux acteurs judiciaires, afin que les victimes puissent être mieux repérées et accompagnées.

Le choix de Gisèle Pelicot comme figure de cette campagne n'est pas anodin. Devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles après le procès d'Avignon, elle incarne la possibilité de nommer l'innommable et de refuser la honte. Sa fille Caroline Darian, qui se bat depuis des années pour faire reconnaître la spécificité de la soumission chimique, a fait de cette cause un combat personnel et collectif.

Les associations féministes et les professionnels de santé réclament depuis longtemps une meilleure formation des médecins et des enquêteurs, ainsi qu'un accès plus rapide aux tests de dépistage. La difficulté à prouver l'administration d'une substance, souvent évacuée par l'organisme en quelques heures, constitue un obstacle majeur à la reconnaissance des faits.

Cette campagne nationale intervient alors que la prise de conscience progresse en France, portée par la médiatisation du procès des viols de Mazan et par la parole de victimes qui osent désormais témoigner. Elle vise à transformer cette prise de conscience en réflexes concrets : savoir reconnaître les signes, alerter, accompagner et poursuivre.

Pour Caroline Darian et l'association M'endors pas, l'enjeu dépasse la seule information. Il s'agit de faire évoluer les pratiques, de renforcer la protection des victimes et de faire comprendre que la soumission chimique n'est pas un accident isolé, mais un mode opératoire criminel qui nécessite une réponse globale.

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Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.