Société 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Un manifestant grièvement blessé à la main à Toulouse lors des manifestations du 24 octobre
Samedi, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans le calme dans toute la France, mais des heurts ont éclaté en fin de cortège, notamment à Toulouse et à Poitiers, où deux manifestants ont été blessés.
Des centaines de milliers de personnes ont de nouveau manifesté samedi en France, dans une ambiance globalement calme, pour défendre le pouvoir d’achat et réclamer de meilleurs services publics. Des violences épisodiques ont toutefois marqué la fin de plusieurs cortèges, avec des blessés à Toulouse, à Poitiers et à Clermont-Ferrand.
À Toulouse, un jeune homme de 20 ans a été grièvement blessé à la main lors de heurts survenus à la fin de la manifestation, dans le quartier des Arènes, à l’ouest du centre-ville. Selon la préfecture de Haute-Garonne, il a été pris en charge par les secours après la dispersion d’un attroupement, et une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les circonstances précises de sa blessure. Un « street medic » qui a pris en charge le blessé, et qui a souhaité rester anonyme, a décrit une blessure grave à la main droite, avec arrachement de plusieurs doigts, liée selon lui à l’explosion d’un engin à proximité. Deux autres personnes ont été légèrement blessées, ainsi qu’un policier pris en charge par les secours.
À Poitiers, le quotidien La Nouvelle République a fait état d’un manifestant touché à l’œil gauche, un jeune homme de 19 ans. Selon le photographe du journal, joint par l’AFP, il a été blessé vers 17 h 30, après une charge des CRS avec des coups de bouclier, puis des jets de grenades de désencerclement et lacrymogènes. Les « street medics » qui l’ont pris en charge ont évoqué la possibilité qu’il ait reçu un débris dans l’œil, avant qu’il ne soit confié à des ambulanciers. À Clermont-Ferrand, une personne a par ailleurs été blessée à la main en marge d’une manifestation ; la préfecture du Puy-de-Dôme a précisé qu’il n’y avait « ni arrachement ni perte de doigt ».
En fin de cortège à Toulouse, des manifestants munis de pierres ou de bouteilles se sont affrontés aux forces de l’ordre, qui ont utilisé des grenades de désencerclement et lacrymogènes. La préfecture a indiqué que « près de 1.300 individus particulièrement hostiles » avaient jeté des projectiles et des mortiers contre les forces de sécurité intérieure. Des manifestants scandaient le slogan « ACAB » (« All Cops are Bastards »). Le calme est revenu vers 20 h 30, selon la préfecture. Quatre commerces ont été légèrement dégradés et trente personnes ont été interpellées, dont vingt-sept placées en garde à vue.
Le cortège toulousain a réuni 26.500 personnes selon la préfecture, et 80.000 selon la CGT. Un couvre-feu est en vigueur dans l’hypercentre de la ville, de minuit à 5 heures du matin. Dans l’ensemble du pays, les défilés se sont déroulés sans incident majeur, mais les dispersions ont donné lieu à des tensions, dans un contexte où les mobilisations sur le coût de la vie et les services publics continuent de rassembler largement.
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