Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Violences sexuelles dans l'Église : Arnaud Gallais dénonce un « scandale sans nom » après la rencontre avec Léon XIV
Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants et victime de violences sexuelles, critique l'insuffisance de la réponse du pape Léon XIV face aux « crimes de masse » commis dans l'Église catholique, malgré la rencontre organisée avec sept victimes à Lourdes.
La rencontre entre le pape Léon XIV et sept victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique, organisée à Lourdes, ne suffit pas à apaiser la colère des associations de victimes. Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants et lui-même victime, a vivement critiqué l'insuffisance de la prise en compte de ce fléau par le souverain pontife, dénonçant un « scandale sans nom » et des « crimes de masse » commis au sein de l'institution catholique.
Selon Arnaud Gallais, la rencontre entre le pape et sept victimes, pour symbolique qu'elle soit, ne répond pas à l'ampleur du phénomène. Il ne se satisfait pas de cette initiative, qu'il juge trop limitée au regard du nombre de personnes touchées et de la gravité des faits. Pour lui, l'Église catholique doit faire face à ses responsabilités et prendre des mesures à la hauteur des crimes commis, au-delà des gestes de compassion individuels.
Cette prise de parole intervient alors que le pape Léon XIV poursuit sa visite en France. Après deux jours à Paris, où il a attiré plus de 800 000 personnes lors d'une messe géante sur la place de la Concorde, le souverain pontife s'est rendu à Lourdes pour présider la messe dominicale au sanctuaire de Notre-Dame. Toute la matinée, familles, religieux, personnes en fauteuils roulants et bébés en poussettes se sont pressés sur la prairie du sanctuaire marial, au son de cantiques diffusés par des haut-parleurs, pour assister à cette célébration en plein air.
À Lourdes, Léon XIV a dénoncé le « douloureux fléau » des violences sexuelles et encouragé l'Église catholique en France à « poursuivre » son action en la matière. Il devait ensuite rencontrer des victimes dans l'après-midi, un moment très attendu par les associations et les fidèles. Le pape s'est également recueilli devant un symbole des victimes de violences sexuelles dans l'Église, un geste qui se veut fort mais qui, pour certains, reste insuffisant face à l'ampleur des crimes dénoncés.
Les propos d'Arnaud Gallais mettent en lumière la fracture persistante entre les attentes des victimes et la réponse institutionnelle de l'Église. Si le pape reconnaît le caractère douloureux du fléau et appelle à poursuivre les efforts, les associations estiment que les actes ne suivent pas. La rencontre avec sept victimes, bien que significative, est perçue comme un geste isolé qui ne saurait tenir lieu de politique globale de réparation et de prévention.
La question de la prise en charge des violences sexuelles dans l'Église reste un sujet brûlant en France et dans le monde. Les révélations successives de ces dernières années ont conduit à une prise de conscience progressive, mais les victimes et leurs représentants réclament des mesures concrètes : reconnaissance pleine et entière des faits, indemnisation, sanctions contre les auteurs et les responsables hiérarchiques, et réformes structurelles pour empêcher que de tels crimes se reproduisent. Pour Arnaud Gallais, la réponse actuelle du Vatican demeure en deçà des attentes et ne permet pas de tourner la page.
Alors que le pape achève sa visite en France, marquée par une ferveur populaire importante, le contraste est saisissant entre l'enthousiasme des fidèles et la colère des victimes. La rencontre de Lourdes, censée apaiser les tensions, pourrait au contraire raviver les critiques si elle n'est pas suivie d'engagements fermes et de actions mesurables. Les associations de victimes, dont Mouv'Enfants, entendent maintenir la pression pour que la lutte contre les violences sexuelles dans l'Église ne se limite pas à des déclarations d'intention.
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