Société 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Violences sexuelles : NousToutes appelle à voter contre la loi « intégrale » adoptée par les députés
Le collectif féministe NousToutes demande aux parlementaires de rejeter la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, jugée dépourvue de mesures de prévention immédiates, malgré son adoption à l'unanimité par l'Assemblée nationale.
Le collectif féministe NousToutes a appelé les parlementaires à voter contre la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, quelques jours après son adoption à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Dans un communiqué, l'organisation estime que le texte voté mardi par les députés est « exsangue de toute disposition prévoyant des mesures de prévention immédiates et efficaces ».
La proposition de loi a été adoptée le mardi 13 octobre 2026 par 503 voix pour et zéro contre. Elle doit désormais être examinée par le Sénat, avec l'objectif affiché par ses défenseurs d'une adoption définitive avant l'élection présidentielle. Ce large consensus politique n'a toutefois pas convaincu le collectif, qui dénonce un décalage entre l'affichage d'un texte « intégral » et son contenu réel en matière de prévention.
Née d'une mobilisation féministe après le meurtre de Lyhanna, la proposition de loi visait initialement à apporter une réponse globale aux violences sexistes et sexuelles. Selon NousToutes, le texte tel qu'adopté par les députés ne comporte pas les mesures de prévention immédiates et efficaces qui avaient justifié la mobilisation. Le collectif demande donc aux sénateurs et aux parlementaires de voter contre, en l'état, le texte qui leur sera transmis.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les associations féministes suivent de près l'évolution du texte. L'adoption à l'unanimité à l'Assemblée nationale avait été saluée comme une avancée par plusieurs observateurs, mais le collectif NousToutes souligne que l'unanimité ne garantit pas l'efficacité des dispositions adoptées. Le débat se déplace désormais au Sénat, où le texte pourra être modifié avant une éventuelle adoption définitive.
Le collectif n'a pas précisé quelles dispositions spécifiques devraient être ajoutées pour qu'il retire son appel. Il maintient que la prévention doit constituer le cœur du dispositif législatif, et non un volet secondaire. La proposition de loi, portée par des parlementaires de différents groupes, avait été présentée comme une réponse « intégrale » aux violences sexistes et sexuelles, couvrant à la fois la répression et la prévention. L'appel de NousToutes pourrait influencer les débats au Sénat, où les équilibres politiques diffèrent de ceux de l'Assemblée nationale.
Pour l'heure, aucune réaction officielle des auteurs de la proposition de loi n'a été rapportée. Le texte poursuit son parcours législatif, avec l'objectif d'une adoption définitive avant la présidentielle. Les sénateurs devront se prononcer sur le contenu adopté par les députés, et pourront y apporter des modifications. La pression des associations, dont NousToutes, pourrait peser sur ces discussions.
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