Technologie 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Cybersécurité : les sites de plusieurs préfectures mis hors ligne par précaution
Le ministère de l'Intérieur a placé en maintenance préventive ses sites internet exposés à une vulnérabilité critique, sur recommandation de l'Anssi. Les services attendent un correctif de l'éditeur pour rétablir les accès.
Les sites internet de plusieurs préfectures, dont celui de la préfecture de police de Paris, étaient inaccessibles depuis mercredi après-midi. Cette interruption résulte d'une mise en maintenance préventive décidée par le ministère de l'Intérieur, sur recommandation de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), après la « détection d'une vulnérabilité critique de sécurité ».
« À la demande de l'Anssi, le ministère de l'Intérieur a procédé à la mise en maintenance préventive de l'ensemble de ses sites Internet exposés à une vulnérabilité critique de sécurité, annoncée il y a quelques heures par l'éditeur d'un composant logiciel générique, largement utilisé à travers le monde », a précisé le ministère. La place Beauvau n'a pas indiqué combien de sites étaient concernés ni la durée prévue de l'interruption.
Les services de l'État attendent désormais la diffusion rapide d'un correctif par le développeur concerné pour rétablir les accès en toute sécurité. « Les équipes sont mobilisées pour procéder aux opérations de mise à jour dans les meilleurs délais, dès que le correctif de sécurité sera rendu disponible par l'éditeur », a assuré le ministère. Aucun calendrier précis n'a été communiqué.
La perturbation ne se limite pas aux préfectures. Selon plusieurs médias, les sites des impôts figuraient également parmi les services temporairement inaccessibles mercredi. Ces maintenances d'urgence interviennent après la découverte de deux failles de sécurité critiques dans le langage de programmation PHP, utilisé par une large part des sites web dans le monde. Des responsables de cybersécurité ont exhorté les organisations à appliquer les correctifs développés le jour même.
Le recours à une mise hors ligne préventive plutôt qu'à une simple surveillance illustre la gravité de la vulnérabilité. En coupant temporairement l'accès aux services concernés, les autorités entendent éviter toute exploitation de la faille avant que les correctifs ne soient déployés. Le ministère de l'Intérieur n'a pas signalé d'attaque réussie ni de fuite de données à ce stade.
Pour les usagers, cette interruption peut compliquer l'accès à des démarches administratives en ligne, notamment dans les préfectures et les services fiscaux. Les autorités n'ont pas précisé si des solutions de contournement étaient proposées. Elles invitent implicitement les internautes à patienter jusqu'à la publication du correctif et à privilégier les canaux habituels pour les démarches urgentes.
L'incident rappelle la dépendance des services publics à des composants logiciels largement partagés, dont une faille peut contraindre des administrations entières à suspendre leurs services. Il souligne aussi le rôle de l'Anssi, qui coordonne la réponse de l'État face aux alertes de sécurité touchant des infrastructures numériques sensibles.
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