Actualités 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Attentats de Trèbes et Carcassonne : le procès en appel s'ouvre à Paris
Trois proches du terroriste Radouane Lakdim sont rejugés à partir du 14 septembre 2026 devant la cour d'assises spéciale de Paris pour les attentats de Trèbes et Carcassonne qui avaient fait quatre morts, dont le colonel Arnaud Beltrame, le 23 mars 2018.
Le procès en appel des attentats de Trèbes et Carcassonne s'ouvre ce lundi 14 septembre 2026 devant la cour d'assises spéciale de Paris. Trois accusés, dont une femme, sont rejugés pour leur implication dans la série d'attaques terroristes perpétrées le 23 mars 2018 dans l'Aude, qui avait causé la mort de quatre personnes, dont le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame.
Parmi les accusés figure Marine Pequignot, petite amie du terroriste Radouane Lakdim, auteur principal des attaques. Elle avait été la seule condamnée en première instance pour association de malfaiteurs terroriste. Elle comparaît aux côtés de Samir Manaa, présenté comme le meilleur ami de l'assaillant, et d'un troisième mis en cause, Baghdad H., qui avait fait appel d'une condamnation pour un délit connexe. Ce dernier ne sera pas présent à l'audience : il a été expulsé vers le Maroc, selon une source judiciaire.
Les débats, qui doivent se tenir jusqu'au 9 octobre 2026, s'annoncent centrés sur la qualification d'« association de malfaiteurs terroristes ». C'est cette incrimination qui est au cœur des discussions, alors que les trois accusés contestent ou minimisent leur rôle dans la préparation des attaques. La cour d'assises spéciale, composée de magistrats professionnels, devra réexaminer les responsabilités de chacun dans ce dossier complexe.
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim avait successivement attaqué des militaires à Carcassonne, puis pris en otage des clients d'un supermarché Super U à Trèbes. Le colonel Arnaud Beltrame, qui s'était proposé comme otage en échange d'une cliente, avait été mortellement blessé. Quatre personnes au total avaient perdu la vie : le colonel Beltrame, ainsi que Jean Mazières, Hervé Sosna et Christian Medves. Le terroriste avait été abattu par les forces de l'ordre.
Ce procès en appel intervient huit ans après les faits, dans un contexte où la justice antiterroriste continue de juger les réseaux de soutien aux auteurs d'attentats. La cour devra déterminer si les trois accusés avaient connaissance des projets de Lakdim et s'ils ont apporté une aide logistique ou matérielle. Les peines prononcées en première instance seront réexaminées, avec la possibilité de les alourdir ou de les alléger.
L'audience se déroulera à Paris, loin des lieux des attentats, pour des raisons de sécurité et de logistique judiciaire. Les parties civiles, dont les familles des victimes, seront présentes pour suivre ces débats qui doivent durer près d'un mois. Ce nouveau procès doit permettre de clarifier les zones d'ombre qui subsistent autour de la préparation des attaques et du rôle exact de chaque accusé.
Pour les proches des victimes, cette audience en appel représente une nouvelle épreuve judiciaire et humaine. Ils attendent des réponses sur les circonstances qui ont conduit à la mort de leurs proches et sur l'éventuelle responsabilité des accusés dans la logistique de l'attentat. La décision de la cour d'assises spéciale sera rendue à l'issue des débats, le 9 octobre 2026.




