Actualités 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Au Niger, la junte reprend une base militaire avec l’aide de la Russie
Les forces loyalistes nigériennes, appuyées par des éléments russes, ont repris samedi le contrôle de la base militaire 101 de Niamey, mettant fin à une mutinerie qui avait éclaté dans la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs morts sont à déplorer parmi les mutins, selon des sources diplomatiques et sécuritaires.
Les autorités militaires du Niger ont déjoué samedi une mutinerie avec le soutien de la Russie, après la reprise d’une importante base militaire de la capitale Niamey, théâtre d’intenses combats depuis la nuit de vendredi à samedi. Des échanges de tirs à l’arme lourde ont éclaté dans plusieurs quartiers de la ville, notamment autour de la présidence et de l’aéroport, où se trouve la base 101, entre des soldats mutins et ceux restés loyaux à la junte, en particulier la garde présidentielle.
« La garde présidentielle a repris le contrôle de la base aérienne avec l’aide des Russes. Il y a plusieurs morts dans les rangs des mutins », a indiqué une source diplomatique à Niamey. La reprise de la base a été confirmée par deux sources sécuritaires, l’une d’elles évoquant « la fin de la mutinerie ». Samedi soir, la télévision nationale nigérienne a diffusé des images montrant des dizaines de soldats, dont des femmes, semblant se rendre les mains levées, certains paraissant blessés, sans que leur identité ni leur grade soient précisés.
Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir par un putsch en juillet 2023 et qui détient toujours captif au sein du palais présidentiel le chef de l’État renversé, Mohamed Bazoum. Depuis, la junte a tourné le dos à la France pour se rapprocher de Moscou. L’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, cité par l’agence publique russe Sputnik Afrique, a affirmé que le Niger avait sollicité l’aide du groupe paramilitaire russe Africa Corps « pour réprimer une mutinerie ». Les éléments d’Africa Corps ont leur quartier général au sein de la base 101, qui héberge également l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Dans un communiqué publié samedi soir, la confédération de l’AES, qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a déclaré avoir fait « l’objet de trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation », finalement « contenue et mise en échec » grâce à la « bravoure des forces républicaines loyalistes ». Cette mutinerie intervient dans un contexte de tensions régionales, alors que la junte nigérienne a appelé par le passé à se « préparer » à une guerre avec la France, et que le pays fait face à des attaques djihadistes récurrentes.
C’est la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs. En janvier et en juin, il s’agissait d’attaques djihadistes visant l’aéroport international et la base militaire, qui avaient été repoussées en quelques heures, déjà avec l’aide d’Africa Corps pour la première d’entre elles. La situation sécuritaire reste tendue dans la capitale, mais les autorités affirment avoir rétabli le contrôle.




