Actualités 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Christa Pike, condamnée à mort dans le Tennessee, a failli être débranchée avant son réveil
Hospitalisée dans un état critique après une exécution ratée par injection létale, Christa Pike a repris connaissance alors que les médecins envisageaient de retirer les appareils qui la maintenaient en vie. Une juge a ordonné la conservation des preuves.
Christa Pike, condamnée à mort dans le Tennessee, a repris connaissance à l'hôpital une semaine après une exécution ratée par injection létale, alors que l'équipe médicale envisageait de la débrancher. Agée de 50 ans, la détenue avait été hospitalisée dans un état critique après avoir reçu deux doses de pentobarbital lors de son exécution, selon son avocat Randy Spivey.
« Lundi soir, nous pensions que Christa était en état de mort cérébrale et que les appareils la maintenant en vie allaient être retirés le lendemain. Mais mardi, à la grande surprise de tout le monde, y compris de moi et de son équipe juridique, ainsi que de l'équipe médicale, Christa s'est réveillée et a commencé à parler », a déclaré l'avocat mercredi après une audience au tribunal. A son réveil, elle aurait demandé : « Où suis-je et qui êtes-vous ? »
Selon son conseil, Christa Pike reste désorientée mais ses souvenirs reviennent progressivement. « Je pense qu'elle est en colère et désorientée à propos de tout, actuellement. Elle est très consciente que l'Etat a essayé de l'exécuter », a expliqué Randy Spivey. La détenue souffre notamment d'une pneumonie et d'un caillot de sang dans un bras. Elle ne peut toujours pas avaler et présente d'importants gonflements aux bras et aux jambes.
Mercredi, la juge I'Ashea Myles a ordonné à l'administration pénitentiaire du Tennessee de conserver l'ensemble des preuves et documents concernant l'exécution ratée. La mesure concerne notamment la solution létale, les seringues et les perfusions présentes dans la salle d'exécution, y compris le matériel qui devait être jeté. Son avocat Luke Ihnen a salué cette décision en estimant que « Christa, les tribunaux, les médias et la population ne doivent pas croire sur parole ce que l'Etat dit au sujet de ce qu'il s'est passé mercredi dernier ».
L'affaire relance aux Etats-Unis les interrogations sur l'injection létale et sur le secret entourant les procédures d'exécution. Les opposants à la peine de mort réclament davantage d'informations sur l'origine des produits utilisés, le déroulement des opérations et les qualifications du personnel. Dans le Tennessee, le gouverneur Bill Lee a suspendu les exécutions et ordonné une enquête indépendante. Il a également accepté la démission du responsable de l'administration pénitentiaire, qui affirme avoir respecté le protocole en vigueur depuis la reprise des exécutions en mai 2025 après trois ans de moratoire.
Christa Pike devait devenir la première femme exécutée depuis plus de 200 ans dans le Tennessee. Elle avait été condamnée à mort pour avoir torturé et tué en 1995 une femme de 19 ans, alors qu'elle-même avait 18 ans. L'échec de son exécution intervient alors qu'un autre Etat du Sud, le Texas, devait procéder mercredi soir à l'exécution d'un condamné en utilisant également l'injection létale.
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