Actualités 3 min de lecture Par Pauline Delorme
De fausses alertes à la bombe visent des aéroports européens revendiquées par un groupe russe
Des alertes à la bombe infondées ont perturbé des aéroports à Rome et Sofia, relançant l’attention sur le mouvement russe « État masculin », décrit comme radical et misogyne.
Des fausses alertes à la bombe ont touché plusieurs aéroports européens le 5 novembre 2026, notamment ceux de Rome et de Sofia. Selon les éléments disponibles, au moins quatorze vols en Europe auraient été affectés par ces alertes infondées. De nouvelles alertes ont été signalées sur des vols à travers le continent le 6 novembre, prolongeant une série d’incidents qui a désorganisé le trafic aérien.
Ces menaces ont relancé l’attention sur l’État masculin, en russe « Мужское государство », un mouvement présenté comme d’extrême droite et qui prône un « patriarcat national ». Il est décrit comme radical, misogyne, raciste et ultranationaliste. Une revendication d’attentat attribuée à des « combattants » du groupe a été associée à ces fausses alertes, ce qui a conduit à interroger directement le rôle du mouvement dans cette vague de menaces.
À l’aéroport Vassil Levski de Sofia, un appareil de la compagnie Lufthansa figurait parmi les vols concernés. Ce détail illustre la diffusion géographique des alertes, qui ont touché à la fois des aéroports italiens et bulgares, et des vols opérés par des compagnies internationales. Les passagers et les équipages ont ainsi été confrontés à des procédures de contrôle et à des retards, sans qu’une menace réelle ait été confirmée.
Le fondateur du mouvement nie toute implication dans ces événements. Les auteurs des menaces et le réseau qui les a diffusées restent à ce stade non identifiés, ce qui laisse ouverte la question de l’origine exacte des alertes. Les autorités n’ont pas, à la date des éléments disponibles, attribué formellement ces incidents à une organisation précise.
Dans le contexte de tensions persistantes entre l’Europe et la Russie, la piste d’une guerre hybride a été évoquée. Cette hypothèse vise des actions destinées à déstabiliser des sociétés sans recourir à un conflit ouvert, par la désinformation, la pression sur les infrastructures ou la mobilisation de groupes marginaux. Aucune accusation formelle n’a toutefois été portée contre Moscou, et l’implication de l’État russe demeure non démontrée et incertaine.
Le cas de l’État masculin pose aussi la question de la visibilité de mouvements extrémistes dont l’activité reste souvent cantonnée à internet. En revendiquant une action violente, même infondée, le groupe a obtenu une couverture internationale que ses positions idéologiques ne suffisent pas, à elles seules, à produire. Les enquêtes en cours devront établir l’origine précise de ces alertes, la chaîne de responsabilité et les liens éventuels entre le mouvement et les personnes qui ont transmis les fausses menaces.
Source: la-croix.com
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