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En Suisse, les glaciers perdent du volume et certains ont disparu cet été

L'Académie suisse des sciences qualifie 2026 d'« année catastrophique » pour les glaciers alpins, après des vagues de chaleur estivales et un faible enneigement hivernal qui ont entraîné la disparition de dizaines d'entre eux.

En Suisse, les glaciers perdent du volume et certains ont disparu cet été
List of glaciers

Les glaciers suisses ont connu une nouvelle « année catastrophique » en 2026, selon l'Académie suisse des sciences. Les vagues de chaleur estivales et le faible enneigement hivernal ont conduit à la disparition de dizaines de glaciers alpins, rapporte le média public suisse Swissinfo.

Le constat est sans appel : le volume de glace continue de reculer à un rythme soutenu, et certains glaciers ont purement et simplement disparu au cours de l'été. Cette situation illustre une tendance de fond qui touche l'ensemble de l'arc alpin, où les masses glaciaires jouent un rôle essentiel dans l'équilibre hydrologique, le tourisme et l'identité paysagère.

L'Académie suisse des sciences pointe la combinaison de deux facteurs. D'une part, un enneigement hivernal insuffisant, qui prive les glaciers de la couche de neige protectrice nécessaire à leur reconstitution. D'autre part, des vagues de chaleur estivales répétées, qui accélèrent la fonte. Ce phénomène n'est pas isolé : il s'inscrit dans un réchauffement climatique dont la rapidité dépasse la capacité d'adaptation des écosystèmes glaciaires.

« Le climat se réchauffe trop rapidement pour qu'ils s'adaptent », résume le constat relayé par les scientifiques. Les glaciers, qui se forment sur des décennies voire des siècles, ne peuvent pas suivre un rythme de dérèglement aussi brutal. Leur disparition progressive a des conséquences directes sur la disponibilité en eau douce, notamment pour l'agriculture, l'hydroélectricité et l'approvisionnement des populations.

Au-delà de l'aspect environnemental, la fonte des glaciers alpins affecte l'économie locale. Le tourisme de montagne, qui repose en partie sur la présence de ces paysages de glace, se trouve fragilisé. Les infrastructures construites sur ou à proximité des glaciers, comme les remontées mécaniques ou les refuges, sont également menacées par l'instabilité croissante des terrains.

Les scientifiques suisses appellent à une prise de conscience. Si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas rapidement, les projections indiquent que la majorité des glaciers alpins pourrait disparaître d'ici la fin du siècle. Chaque année de retard dans la réduction des émissions aggrave la situation et réduit les marges de manœuvre.

Le cas suisse n'est pas unique. Dans les Alpes françaises, italiennes et autrichiennes, les observations vont dans le même sens : les glaciers reculent, certains ont déjà disparu. La comparaison des données à l'échelle de l'arc alpin confirme une tendance généralisée, liée à des étés de plus en plus chauds et à des hivers de moins en moins enneigés.

Pour les communautés de montagne, l'enjeu dépasse la seule question climatique. Il touche à la gestion de l'eau, à la sécurité des populations face aux risques naturels, et à la préservation d'un patrimoine naturel et culturel. Les autorités suisses suivent de près l'évolution de la situation, mais les mesures d'adaptation restent limitées face à l'ampleur du phénomène.

L'Académie suisse des sciences insiste sur l'urgence d'agir. La disparition de dizaines de glaciers en une seule saison estivale constitue un signal fort. Elle rappelle que le climat change à une vitesse inédite et que les écosystèmes de haute montagne, déjà fragiles, sont parmi les premiers à en subir les conséquences.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.