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Homejacking à Paris : un cadre de Skyrock porte plainte contre le rappeur KZS pour cyberharcèlement

Coordinateur de « Planète Rap », Sylvain a déposé une nouvelle plainte contre le rappeur KZS, déjà mis en examen pour une violente agression à son domicile. Il dénonce un « mouvement de lynchage » sur les réseaux sociaux.

Homejacking à Paris : un cadre de Skyrock porte plainte contre le rappeur KZS pour cyberharcèlement
« Une double peine »… Victime d’un homejacking, un cadre de Skyrock attaque le rappeur KZS pour cyberharcèlement

L’affaire qui secoue les coulisses de la station Skyrock s’envenime un peu plus. Le 5 août dernier, Sylvain, 41 ans, coordinateur de l’émission phare « Planète Rap », s’est présenté au commissariat du 13e arrondissement de Paris pour déposer une nouvelle plainte visant le rappeur Kaïs Zouaoui, alias KZS. L’artiste de 26 ans est visé dans ce nouveau volet pour « harcèlement en ligne » et « diffamation ». Cette nouvelle action en justice intervient alors que le rappeur est déjà poursuivi pour une violente agression commise au domicile du cadre de la radio.

Mis en examen le 12 juin pour séquestration, vol et extorsion en bande organisée, Kaïs Zouaoui a été placé sous contrôle judiciaire. Les deux hommes se rencontrent à Marseille en juin 2021, à l’occasion d’un déplacement professionnel du cadre de Skyrock. Une relation intime se noue alors entre eux. Au cours de l’année 2022, ils se revoient à plusieurs reprises à Paris, deux fois au domicile de Sylvain et une fois dans les studios de Skyrock, avant de se perdre de vue. Le contact reprend à la fin de l’année 2025 sur l’application Snapchat.

Le 5 mai dernier, KZS informe Sylvain de sa présence à Paris avec un ami pour un rendez-vous intime. La victime les invite à son domicile. Arrivé vers 21h30, l’ami du rappeur s’éclipse rapidement sous prétexte d’aller acheter une bouteille d’alcool. Lorsqu’il réapparaît quelques minutes plus tard, il est accompagné de deux individus cagoulés et gantés. À l’intérieur du logement, les quatre hommes frappent la victime, la séquestrent et fouillent l’appartement. Ils dérobent sa carte bancaire, son téléphone, sa tablette, ses papiers d’identité ainsi que cinq disques d’or.

Selon les constatations des enquêteurs du 3e district de police judiciaire, l’agression s’est teintée de haine homophobe : durant les faits, les agresseurs ont filmé et humilié Sylvain en proférant des insultes homophobes. Bilan pour la victime : trois jours d’interruption totale de travail et un traumatisme important. En garde à vue et sur les réseaux sociaux, le rappeur s’est justifié en reprochant à la victime des remarques visant son frère de 14 ans. Concernant ces accusations, Sylvain a expliqué aux policiers avoir seulement complimenté le jeune garçon sur un réseau social. La victime « conteste totalement » avoir fait des avances à l’adolescent, signale son avocate, Me May-Sarah Vogelhut.

Après la révélation de la procédure judiciaire début août, le conflit s’est déporté sur le terrain numérique. Dans sa plainte, la victime explique que Kaïs Zouaoui a multiplié les publications et stories sur TikTok, Instagram et X pour proférer des accusations de viol et de pédophilie. Le rappeur a également adressé des messages privés à plusieurs figures du milieu du rap et a relayé l’appel d’un influenceur invitant à une « mobilisation générale » devant les locaux de Skyrock.

« Mon client a été détruit par ce qui s’est passé cet été. Cela a été pour lui une période terrible et très anxiogène, réagit Me May-Sarah Vogelhut. Il a l’impression qu’aujourd’hui, n’importe qui peut dire n’importe quoi et que cela sera pris comme parole d’évangile. C’est un mouvement de lynchage lancé par le mis en examen sur les réseaux sociaux alors qu’il est 100 % victime. Il a vécu ça comme une double peine, une vengeance pour avoir déposé plainte contre ses bourreaux. On a quand même appelé à manifester devant son lieu de travail pour obtenir son licenciement. »

Face à la virulence des attaques, renforcée par le repartage de certains messages par le rappeur Booba, déjà condamné pour cyberharcèlement, la victime a dû fermer l’ensemble de ses réseaux sociaux sur les conseils des enquêteurs et de son avocate. Cette dernière prévient que les poursuites ne s’arrêteront pas là : « Nous irons jusqu’au bout afin que chaque auteur de ce cyberharcèlement soit puni. » Contacté, l’avocat du rappeur KZS, Me Karim Morand-Lahouazi, n’a pas donné suite aux sollicitations.

Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.