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Kharkiv : cinq morts dans des frappes russes de bombes guidées, Kiev déploie des tourelles pilotées par IA

Au moins cinq personnes ont été tuées et trente blessées à Kharkiv par des frappes russes de bombes guidées. L'Ukraine annonce l'installation de tourelles robotisées équipées d'IA pour intercepter les drones à réaction, tandis qu'Emmanuel Macron dénonce l'escalade de Moscou et que 5 800 trains ont été évacués en septembre.

Kharkiv : cinq morts dans des frappes russes de bombes guidées, Kiev déploie des tourelles pilotées par IA
Guerre en Ukraine : La Russie tue avec des bombes guidées, Kiev s’appuie sur l’IA pour se défendre

Au moins cinq personnes ont été tuées et une trentaine d'autres blessées, dont trois dans un état critique, lors de frappes russes de bombes guidées sur Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, située dans le nord-est du pays. Le gouverneur régional a confirmé le bilan lundi soir, précisant que trois bombes aériennes avaient touché une zone industrielle et un immeuble d'habitation. Kharkiv, proche de la frontière russe et de la ligne de front, subit depuis plusieurs mois une intensification des bombardements.

Cette attaque illustre la stratégie de Moscou consistant à multiplier les frappes contre les infrastructures et les objectifs civils ukrainiens. Emmanuel Macron a dénoncé lundi « le choix irresponsable » de la Russie « d'intensifier ses frappes contre les infrastructures et les objectifs civils » en Ukraine. « Nous ne céderons ni aux intimidations, ni à l'escalade de la Russie qui ne doit pas se méprendre : le temps joue contre elle », a déclaré le chef de l'État français, réaffirmant le soutien de Paris à Kiev face à l'agression russe.

Pour contrer la menace croissante des drones à réaction russes, l'Ukraine a commencé à déployer des mitrailleuses lourdes montées sur des tourelles pilotées par intelligence artificielle. Iouriï Ignat, porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, a annoncé lundi que ces dispositifs robotisés étaient en cours d'installation sur des ponts. « Des tourelles robotisées sont en train d'être installées sur les ponts », a-t-il déclaré à la télévision. Ces systèmes ont déjà permis d'abattre des drones à réaction près de Kiev, des engins plus rapides et plus difficiles à détruire que les modèles classiques utilisés par la Russie depuis l'été. L'armée ukrainienne, qui peine à intercepter ces drones, mise sur cette technologie pour renforcer sa défense aérienne.

Sur le front intérieur, la compagnie ferroviaire nationale ukrainienne a indiqué que 5 800 trains avaient été évacués en septembre en raison des menaces de frappes russes contre le réseau ferré. L'entreprise a reconnu des « retards inévitables » pouvant durer de longues heures, tout en assurant se montrer « inventive pour répondre à ce défi ». Ces évacuations massives témoignent de la pression continue exercée par Moscou sur les infrastructures ukrainiennes, alors que le conflit est entré dans son 1 685e jour.

À l'international, Donald Trump a nié toute responsabilité dans la hausse des prix des carburants, l'attribuant aux frappes ukrainiennes contre les raffineries russes plutôt qu'à la guerre qu'il a lancée contre l'Iran. « Ce qui fait monter l'essence, ce n'est plus le détroit d'Ormuz, mais le mot "raffineries", parce que celles de la Russie sont bombardées par l'Ukraine », a déclaré le président américain, qui a également imputé une partie de la hausse aux raffineries fermées en Californie. Ces propos interviennent alors que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes perturbent les marchés mondiaux du pétrole.

Par ailleurs, le chef du renseignement extérieur allemand a accusé la Russie d'intensifier sa « guerre de l'ombre », augmentant le risque de conflit armé. Un agent de la police des frontières moldave a été blessé après une attaque russe contre des infrastructures ukrainiennes, selon une source officielle. Ces incidents illustrent la dimension régionale croissante du conflit, qui déborde désormais les frontières ukrainiennes et suscite l'inquiétude des pays voisins.

La situation à Kharkiv reste tendue, les autorités locales redoutant de nouvelles frappes dans les prochaines heures. Les secours poursuivent leurs opérations pour dégager les décombres et venir en aide aux victimes, tandis que les hôpitaux de la ville prennent en charge les blessés les plus graves. La communauté internationale continue d'appeler à la désescalade, mais les combats et les bombardements se poursuivent de part et d'autre de la ligne de front.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.