Actualités 4 min de lecture Par Noémie Weber
L'Allemagne accuse la Russie d'avoir envoyé un drone explosif à l'aéroport de Leipzig
Berlin accuse officiellement Moscou d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig début août. En représailles, l'Allemagne fermera le dernier consulat russe sur son territoire. L'Otan exprime son soutien à l'Allemagne, tandis que Kiev subit une nouvelle attaque meurtrière.
L'Allemagne a officiellement accusé la Russie d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig début août, une plateforme militaire clé pour l'armée allemande et pour l'Otan. Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré que « dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig ». Cette annonce marque une escalade significative dans les tensions entre Berlin et Moscou.
En représailles, Berlin a annoncé la fermeture, dès le 18 septembre, du dernier consulat russe sur son territoire, situé à Bonn, ainsi que du centre culturel russe de Berlin. Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a immédiatement réagi sur le réseau social X, affirmant que « l'Otan se tient pleinement aux côtés de l'Allemagne après l'attaque hybride russe à Leipzig ». Après s'être entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz, il a ajouté que l'organisation protégerait ses membres « contre toute menace, y compris les actions néfastes telles que celles qui ont eu lieu à Leipzig et ailleurs au sein de l'Alliance ».
Cette accusation intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans son 1 651e jour. Selon une analyse de l'AFP basée sur les données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), les forces russes ont repris environ 90 km² de terrain à l'Ukraine au mois d'août. Ce gain territorial est en augmentation par rapport à ceux de juillet (38 km²) et de juin (30 km²). Pour autant, en août de l'année dernière, les avancées russes étaient plus de cinq fois supérieures, tandis que sur l'ensemble de l'année 2025, la Russie avançait en moyenne de 405 km² par mois.
La terreur russe continue de sévir à Kiev, où au moins 12 personnes ont été tuées mardi dans la capitale ukrainienne et dans sa région. Dans la ville, « huit personnes ont été tuées et cinq blessées, dont deux enfants », a déclaré sur les réseaux sociaux le maire, Vitali Klitschko. À une trentaine de kilomètres de là, à Boryspil, quatre personnes ont été tuées et 13 autres blessées après qu'un « immeuble résidentiel de cinq étages a été touché », selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier a indiqué qu'« un nombre important de drones à réaction et de missiles balistiques ont été utilisés » lors de cette attaque.
Le président ukrainien a exprimé sa gratitude envers ceux qui aident l'Ukraine à obtenir des capacités antibalistiques, jugeant « très important que ces livraisons augmentent cet automne ». Par ailleurs, le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a vivement réagi après la découverte que le ministre russe des Finances était invité par les États-Unis à une réunion du G20 en Caroline du Nord. « J'ai personnellement toujours eu du mal à discuter de sujets sensibles avec les représentants de régimes qui mènent une guerre et tuent quotidiennement des civils », a-t-il déclaré, ajoutant que « ce n'est pas le moment de normaliser la Russie ou la présence de la Russie à ce genre de réunions ». Cette séquence diplomatique illustre les tensions croissantes entre les Occidentaux et le Kremlin, alors que la guerre s'enlise et que les frappes meurtrières se multiplient sur le territoire ukrainien.




