Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Le Kenya annonce son premier décès lié à Ebola
Un Kényan vivant en République démocratique du Congo est mort d'Ebola lundi dans un hôpital de Nairobi, une première pour le Kenya. L'épidémie en RDC a déjà fait plus de 4 000 morts.
Le Kenya a annoncé mardi le premier décès lié au virus Ebola jamais recensé sur son sol. La victime, un ressortissant kényan qui vivait en République démocratique du Congo, est morte lundi dans un hôpital de Nairobi, a indiqué le ministre kényan de la Santé, Aden Duale.
Selon le ministre, l'homme était tombé malade environ un mois avant son décès. Il avait été soigné dans plusieurs hôpitaux avant de traverser la frontière avec l'Ouganda par la route, puis de prendre un avion pour Nairobi, où il a finalement succombé à la maladie.
Ce décès constitue une première pour le Kenya, pays d'Afrique de l'Est qui n'avait jusqu'ici jamais enregistré de cas mortel lié à cette fièvre hémorragique. L'annonce a été faite par les autorités sanitaires kényanes, qui ont confirmé l'information le lendemain du décès.
L'événement s'inscrit dans un contexte épidémique préoccupant en Afrique centrale. Une épidémie d'Ebola touche actuellement la République démocratique du Congo, où elle a déjà fait plus de 4 000 morts selon les autorités. Ce bilan fait de cette flambée l'une des plus meurtrières de ces dernières années dans la région.
Le parcours de la victime met en lumière les difficultés de contrôle sanitaire aux frontières. Le patient a été soigné dans plusieurs établissements avant de quitter la RDC, de franchir la frontière ougandaise par voie terrestre, puis de rejoindre la capitale kényane en avion. Ce trajet, qui implique plusieurs pays et modes de transport, illustre la mobilité des populations dans une région où les systèmes de surveillance épidémiologique restent fragiles.
Les autorités kényanes n'ont pas précisé dans l'immédiat quelles mesures de suivi avaient été mises en place, ni si des personnes ayant été en contact avec la victime faisaient l'objet d'une surveillance particulière. La confirmation de ce premier décès pourrait toutefois conduire Nairobi à renforcer ses dispositifs de dépistage, notamment dans les aéroports et aux points d'entrée terrestres.
Ebola est une maladie virale grave, souvent mortelle, qui se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions ou les tissus d'une personne infectée, ainsi que par contact avec des surfaces ou des objets contaminés. Les symptômes incluent fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête et saignements dans les cas les plus sévères. Les épidémies surviennent principalement en Afrique subsaharienne, où les systèmes de santé sont parfois insuffisamment équipés pour contenir rapidement la propagation du virus.
La République démocratique du Congo est régulièrement confrontée à des flambées d'Ebola depuis la découverte du virus en 1976. Le pays a connu plusieurs épidémies majeures, dont celle de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, qui avait fait plus de 11 000 morts, et des épisodes récurrents dans l'est du pays. La situation actuelle, avec plus de 4 000 décès, témoigne de l'ampleur de l'épidémie en cours.
Pour le Kenya, ce premier décès représente un défi sanitaire et politique. Le pays, qui dispose d'infrastructures médicales relativement développées pour la région, va devoir démontrer sa capacité à prévenir toute transmission locale. La coopération avec l'Ouganda et la RDC, ainsi qu'avec les organisations internationales de santé, apparaît comme un élément déterminant pour endiguer la propagation du virus.
L'annonce intervient alors que les autorités sanitaires africaines et internationales suivent de près l'évolution de l'épidémie en RDC. Le bilan humain déjà lourd et la mobilité des populations à travers les frontières font craindre une extension de la maladie à d'autres pays de la région, comme le montre ce premier cas importé au Kenya.
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