Actualités 3 min de lecture Par Noémie Weber
Le prix Nobel de chimie décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai
Le comité Nobel a récompensé mercredi Henri Kagan et Kenso Soai pour leurs travaux sur les effets non linéaires et l'autocatalyse en synthèse organique asymétrique, une distinction qui répare l'éviction du chimiste français en 2001.
Le prix Nobel de chimie 2026 a été attribué au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai. Le comité Nobel, réuni à Stockholm, a annoncé mercredi 7 octobre que les deux chercheurs étaient récompensés pour « la découverte des effets non linéaires et de l'autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique ». Cette distinction couronne des travaux qui ont profondément marqué la chimie organique moderne et trouvé des applications directes dans la fabrication de médicaments.
Le comité Nobel a souligné l'importance de ces découvertes pour la conception de réactions destinées à l'industrie pharmaceutique. La synthèse organique asymétrique permet en effet de produire préférentiellement une forme donnée de molécule, une propriété cruciale lorsque deux formes miroir d'une même substance n'ont pas les mêmes effets biologiques. Les travaux de Kagan et Soai ont éclairé les mécanismes par lesquels certaines réactions s'auto-amplifient, ouvrant la voie à des procédés plus efficaces et plus sélectifs.
Henri Kagan, âgé de 95 ans, est aujourd'hui professeur à l'université Paris-Saclay. Il est internationalement reconnu pour avoir introduit l'utilisation des terres rares, notamment les lanthanides, en chimie organique. Kenso Soai, 76 ans, est professeur à l'université des sciences naturelles de Tokyo. Leurs carrières illustrent plusieurs décennies de recherche fondamentale au service de la chimie de synthèse.
Cette consécration répare ce que de nombreux scientifiques considéraient comme une injustice. En 2001, le prix Nobel de chimie avait été décerné pour la catalyse asymétrique, mais Henri Kagan en avait été exclu en raison de la règle limitant le nombre de lauréats à trois. Le prix avait alors été attribué aux Américains William Knowles et Barry Sharpless ainsi qu'au chimiste japonais Ryoji Noyori. Ce choix avait suscité une vive incompréhension dans la communauté scientifique mondiale, alors que le chercheur français était considéré comme le « père » de cette technique.
La chimie est le troisième prix scientifique de la saison Nobel, après la médecine et la physique, attribués lundi et mardi. Le prix d'économie clôturera cette série le 12 octobre. En plus de sa dimension symbolique, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d'un million d'euros.
La distinction remise cette année met en lumière une discipline souvent discrète mais essentielle. Les recherches sur l'autocatalyse et les effets non linéaires ont en effet des retombées concrètes dans la mise au point de traitements médicamenteux, où la pureté et la précision des molécules sont déterminantes. Pour Henri Kagan, ce prix vient couronner une carrière de plus de soixante ans consacrée à la chimie organique et à ses applications.
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