Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Macron appelle l'Europe à développer ses propres vols habités d'ici dix ans
Lors du Sommet international sur l'espace à Paris, Emmanuel Macron a plaidé pour une Europe spatiale puissante, capable de lancer ses propres équipages et de défendre une gouvernance partagée des données spatiales.
Emmanuel Macron a appelé l'Europe à se doter de ses propres vols habités, avec l'objectif qu'une première capsule européenne habitée décolle de Kourou dans dix ans. Le président français s'exprimait lors du Sommet international sur l'espace, qui se tient au Grand Palais à Paris.
« L'Europe doit voler avec ses propres équipages ! Nous voulons que l'Europe affirme son ambition sur les vols habités », a déclaré le chef de l'État, selon des propos rapportés par plusieurs médias. Il a fixé un calendrier ambitieux : une capsule habitée européenne devrait pouvoir décoller de Kourou, en Guyane, dans un délai de dix ans.
Au-delà de la question des vols habités, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d'une « gouvernance partagée » de l'espace. Selon lui, les données spatiales « ne peuvent être la proie d'un seul pays ». Il a également plaidé pour que l'Europe « assume pleinement » une préférence européenne dans ce domaine stratégique.
Le sommet, qui se déroule sur deux jours, réunit des acteurs internationaux du secteur spatial. La deuxième journée a été marquée par le discours du président français, qui a présenté sa vision d'une Europe spatiale « puissante », capable de rivaliser avec les grandes puissances du secteur.
Cette prise de position intervient dans un contexte de concurrence accrue entre les États-Unis, la Chine et d'autres acteurs pour la maîtrise des technologies spatiales et des données associées. L'Europe, qui dispose déjà d'une expertise reconnue via l'Agence spatiale européenne et des programmes comme Ariane ou Galileo, cherche à renforcer son autonomie stratégique.
Le choix de Kourou comme point de départ potentiel d'une capsule habitée souligne l'importance du centre spatial guyanais, déjà utilisé pour les lancements de fusées Ariane et Vega. Une telle ambition impliquerait des investissements importants et une coopération renforcée entre les États membres et les industriels du secteur.
Emmanuel Macron n'a pas détaillé les modalités techniques ou financières d'un tel programme, mais son discours fixe une orientation politique claire. Il s'agit de doter l'Europe d'une capacité de vol habité autonome, alors que les missions habitées sont aujourd'hui largement dominées par les États-Unis, la Russie et la Chine.
La question de la gouvernance spatiale, également abordée par le président, renvoie aux débats sur l'exploitation des ressources et des données orbitales. En appelant à une gouvernance partagée, Emmanuel Macron plaide pour un cadre multilatéral qui éviterait la mainmise d'une seule puissance sur les infrastructures et les informations spatiales.
Le sommet de Paris devrait permettre de préciser les contours de cette ambition européenne. Les discussions portent notamment sur les communications spatiales, les lanceurs et les technologies d'observation. La volonté affichée par la France est de peser sur l'agenda spatial mondial et de promouvoir une approche européenne coordonnée.
Pour l'instant, aucun calendrier officiel ni budget précis n'a été annoncé pour le développement d'une capsule habitée européenne. L'objectif des dix ans évoqué par Emmanuel Macron constitue une cible politique, qui devra être traduite en programmes concrets par les institutions européennes et les partenaires industriels.




