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Peste en Russie : deuxième mort suspecte, doutes et appels à la transparence

Le décès d'une technicienne de laboratoire en Sibérie, attribué par Moscou à une pneumonie d'origine indéterminée, suscite l'inquiétude internationale. L'OMS, les États-Unis et l'Union européenne réclament plus de transparence, tandis que la Russie assure qu'aucun risque épidémique n'existe.

Peste en Russie : deuxième mort suspecte, doutes et appels à la transparence
Peste en Russie : Deuxième mort suspect, inquiétude, démenti, OMS… Le point sur la situation

Le décès d'une employée d'un laboratoire spécialisé dans la peste en Sibérie continue de susciter des questions à travers le monde. La Russie attribue cette mort à une pneumonie d'origine « indéterminée », mais les États-Unis, l'Union européenne et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réclament tous davantage de transparence à Moscou. L'affaire a pris une dimension internationale lorsque le président américain Donald Trump a déclaré suivre la situation « de très près ».

Les faits remontent à la semaine dernière. Le chef de la région russe de Bouriatie, Alexeï Tsydenov, a annoncé vendredi sur la messagerie MAX qu'une femme de la région voisine d'Irkoutsk était « morte de la peste », avant de modifier son message pour préciser qu'elle était « possiblement » décédée de cette maladie. Des médias locaux ont identifié la victime comme Daria Chipilova, une technicienne de laboratoire. Le média régional indépendant Peuple du Baïkal affirme qu'elle travaillait pour l'Institut de lutte contre la peste et qu'elle aurait pu contracter la peste pulmonaire, hautement contagieuse, à partir d'un tube à essai cassé. Plusieurs médias russes ont également rapporté mardi qu'une seconde personne serait morte dans un hôpital du district d'Irkoutsk.

Jusqu'à 200 personnes ayant pu être en contact avec la première victime ont été placées en quarantaine, selon le même média, classé par les autorités russes « agent de l'étranger ». Le maire de la ville de Chelekhov, où la victime est décédée, a annoncé vendredi que « plusieurs services » d'un hôpital local étaient placés en quarantaine depuis la veille, le 1er octobre.

Face à ces informations, le Kremlin a appelé à se fier aux informations officielles et déploré une multitude de « fausses informations ». Le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev, a déclaré lundi qu'une inspection menée par l'agence de santé publique Rospotrebnadzor avait conclu à un décès dû à une pneumonie d'origine « indéterminée ». « La surveillance médicale de plus de 90 % des personnes ayant été en contact avec la victime est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté », a affirmé Rospotrebnadzor mercredi. Selon l'agence, la laborantine « avait été vaccinée et disposait d'une immunité contre les infections dangereuses avec lesquelles elle travaillait » et deux commissions d'experts en sécurité biologique ont conclu qu'« aucune situation d'urgence liée à la manipulation de micro-organismes pathogènes n'a été constatée ». Rospotrebnadzor a également fait état de « mesures préventives et anti-épidémiques complètes » dans la région, sans en préciser la nature.

Sur le plan international, Donald Trump a déclaré lundi que Washington suivait la situation « de très près ». Des responsables de l'OMS, de l'Union européenne et des États-Unis ont tous appelé la Russie à faire preuve de plus de transparence. Donald Trump a affirmé mardi qu'il s'entretiendrait par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine au sujet de cette affaire. Ce mercredi, il a minimisé l'hypothèse d'une arme biologique issue d'un laboratoire russe. La Mongolie, voisine de la Russie, a de son côté ordonné une « surveillance » à la frontière. « L'OMS a demandé des informations complémentaires pour clarifier la cause de la pneumonie sévère, l'agent pathogène à l'origine des mesures de santé publique », a déclaré le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. L'organisation a souligné mercredi soir ne pas être « en mesure » à ce stade de mener une évaluation complète des risques, faute d'une « vision complète » de la situation.

Sur le risque épidémique, Rospotrebnadzor a estimé mercredi qu'il n'existait « aucun risque épidémique pour la population d'Irkoutsk et de la région d'Irkoutsk ». Selon cette source officielle, près de 5 000 tests ont été réalisés, sans qu'aucun ne révèle la présence d'agents pathogènes dangereux. Un porte-parole de l'OMS avait indiqué mardi que le risque pour la région allait de « modéré à faible ». Les experts en santé publique ont également appelé au calme. Entre 1990 et 2020, près de 50 000 cas humains de peste ont été déclarés à l'OMS par 26 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.