Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Saisie record de 30 tonnes de protoxyde d'azote dans le Gers et près de Montauban
Les douanes ont saisi 30 tonnes de protoxyde d'azote lors d'un contrôle routier au péage de Montauban-Nord, puis dans un entrepôt à L'Isle-Jourdain. Un chauffeur biélorusse a été placé en garde à vue.
Les douanes ont réalisé une saisie record de 30 tonnes de protoxyde d'azote dans le sud-ouest de la France, a-t-on appris auprès de sources policières. L'opération a débuté lundi par un contrôle routier au péage de Montauban-Nord, dans le Tarn-et-Garonne, où les agents ont intercepté un poids lourd transportant 13 tonnes de ce gaz, également connu sous le nom de « gaz hilarant ».
L'audition du chauffeur a ensuite conduit les enquêteurs à perquisitionner un local à L'Isle-Jourdain, dans le Gers, où 17 tonnes supplémentaires ont été découvertes. Cette seconde saisie comprenait 18 palettes et 15 000 ballons, portant la valeur totale de la marchandise à 665 000 euros. Le camion, immatriculé en Lituanie et appartenant à une entreprise de ce pays, arrivait d'Espagne et se dirigeait vers la région parisienne pour approvisionner plusieurs points de livraison.
Le conducteur, un ressortissant biélorusse de 32 ans inconnu des services de police, a été placé en garde à vue. Il doit être présenté au parquet en vue d'une mise en examen, selon les informations du quotidien régional. Les investigations ont été confiées conjointement à la police judiciaire et à l'Office antistupéfiants (Ofast) de Toulouse.
Cette saisie, qualifiée de record, met en lumière l'ampleur du trafic de protoxyde d'azote en France. Ce gaz, utilisé à des fins récréatives pour ses effets euphorisants, fait l'objet d'une surveillance accrue des autorités en raison des risques sanitaires qu'il présente, notamment des troubles neurologiques et des cas d'asphyxie. Sa consommation, particulièrement chez les jeunes, est devenue un sujet de préoccupation croissant pour les pouvoirs publics.
Le mode opératoire des trafiquants, qui acheminent le produit depuis l'Espagne vers la région parisienne, illustre l'existence de filières organisées à l'échelle européenne. L'implication d'un véhicule lituanien et d'un chauffeur biélorusse suggère une logistique transfrontalière bien rodée, que les enquêteurs cherchent désormais à démanteler. Les autorités n'ont pas précisé si d'autres interpellations étaient à prévoir dans les prochains jours.
La lutte contre le trafic de protoxyde d'azote s'est intensifiée ces dernières années, avec la multiplication des saisies et des contrôles. En 2023, plusieurs opérations d'envergure avaient déjà permis d'intercepter des quantités importantes de ce gaz, souvent conditionné en cartouches ou en bouteilles destinées à la vente illégale. La législation française encadre strictement la vente de protoxyde d'azote à des fins non médicales, mais le marché parallèle reste florissant, alimenté par une demande soutenue.
Cette nouvelle affaire devrait relancer le débat sur les moyens alloués à la lutte contre ce trafic et sur la nécessité de renforcer les contrôles aux frontières. Les enquêteurs de l'Ofast et de la police judiciaire de Toulouse poursuivent leurs investigations pour identifier l'ensemble des acteurs de cette filière et déterminer la destination finale des 30 tonnes saisies.




