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Une trêve entre en vigueur autour d’Olechky, ville ukrainienne sous occupation russe

Un cessez-le-feu localisé est entré en vigueur mardi autour d’Olechky, dans le sud de l’Ukraine, pour permettre des opérations humanitaires dans une localité isolée et menacée par la famine.

Une trêve entre en vigueur autour d’Olechky, ville ukrainienne sous occupation russe
Guerre en Ukraine : « Point de non-retour »… Ce qu’il faut savoir sur Olechky, où une trêve est entrée en vigueur

Un cessez-le-feu localisé est entré en vigueur, mardi matin, autour d’Olechky, ville du sud de l’Ukraine occupée par la Russie. Kiev et Moscou ont confirmé la suspension des combats dans la nuit. Cette trêve doit permettre des opérations humanitaires dans une localité coupée du monde, où les habitants risquent pénuries et famine.

La ville se situe presque face à Kherson, la capitale régionale, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau. Les deux localités sont séparées par le Dniepr, qui marque la ligne de front dans la région. Kherson a été reprise par l’Ukraine en novembre 2022, lors d’une contre-offensive, alors qu’Olechky reste occupée par la Russie depuis les premières semaines de l’invasion lancée en février 2022. Selon l’analyste en géopolitique Ulrich Bounat, chercheur associé chez Eurocreative, la localité présente un intérêt militaire certain : les Russes y déploient des drones vers Kherson, et les Ukrainiens ont tenté à plusieurs reprises d’occuper la ville ou de déstabiliser le dispositif russe.

Les civils sont pris entre les deux camps. Toujours selon Ulrich Bounat, l’intensité de l’activité des drones empêche les habitants de sortir de chez eux, et les routes d’accès ont été minées par l’armée russe pour éviter toute infiltration ukrainienne. D’anciens résidents interrogés par l’AFP début octobre évoquaient de graves pénuries de médicaments et de nourriture. Les rares convois de ravitaillement étaient, selon eux, soit des convois militaires russes probablement détruits, soit des drones ukrainiens visés par les forces russes. L’expert estime qu’un point de non-retour semble atteint, avec un risque clair de mort par faim, les services d’eau, d’électricité et de gaz ne fonctionnant plus.

Kiev et Moscou reconnaissent une crise humanitaire tout en se rejetant mutuellement la responsabilité de la situation. Tetiana Hasanenko, présidente de l’administration militaire en exil d’Olechky, a décrit sur Euronews une population privée de pain, de viande, d’œufs et de sucre, certains ayant été contraints de manger des herbes sauvages. Selon Moscou, sur les 24 000 habitants que comptait la ville avant la guerre, seuls 2 000 seraient encore sur place, la plupart des autres étant partis, notamment après les inondations de juin 2023 consécutives à l’explosion du barrage de Kakhovka, que l’Ukraine impute à la Russie.

Le dossier a fini par atteindre la scène diplomatique internationale, jusqu’à la Maison-Blanche. Melania Trump, épouse du président américain, a annoncé le cessez-le-feu et déclaré dans un communiqué : « Il est clair que, sans mon intervention, il aurait été impossible d’acheminer de l’aide humanitaire ». Une visite de sa part sur place a été évoquée. Pour Ulrich Bounat, le facteur déterminant reste toutefois l’implication du pape Léon XIV, qui s’est entretenu personnellement avec Vladimir Poutine. Refuser une mission humanitaire demandée par le souverain pontife aurait été contre-productif pour Moscou, qui pourrait désormais chercher à en tirer profit, selon l’analyste.

Reste la question du sort des habitants. Melania Trump a évoqué une assistance coordonnée et un moyen de transport vers la destination de leur choix pour ceux qui voudraient partir. Kiev accuse toutefois Moscou de vouloir orienter ces déplacements vers les territoires sous son contrôle, accusation que la Russie dément. Moscou affirme que ses troupes mèneront une « reconnaissance technique » sur place afin de sécuriser un passage, d’assurer la livraison de l’aide humanitaire et les évacuations de civils.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.