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mercredi 2 septembre 2026 · Paris

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La tapisserie de Bayeux exposée à Londres : cinq choses à savoir avant l'ouverture au public

Emmanuel Macron inaugure mercredi l'exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum. L'œuvre prêtée par la France sera visible du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027. Détails sur ce prêt inédit, son coût record et les tarifs des billets.

La tapisserie de Bayeux exposée à Londres : cinq choses à savoir avant l'ouverture au public
Avant la visite de Macron, cinq choses à savoir sur la tapisserie de Bayeux à Londres

Le British Museum de Londres s'apprête à vivre un événement majeur avec l'exposition de la tapisserie de Bayeux, prêtée par la France. Emmanuel Macron doit inaugurer l'exposition ce mercredi lors d'une visite en avant-première, avant l'ouverture officielle au public prévue du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027. Cette œuvre presque millénaire, inscrite au registre Mémoire du Monde de l'Unesco, raconte en images la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant.

Commandée selon les historiens par l'évêque Odon en 1077 pour orner la cathédrale de Bayeux, la tapisserie retrace les événements allant de la désignation de Guillaume comme héritier du trône en 1064 jusqu'à la déroute des troupes anglaises en octobre 1066. Longue de 68,3 mètres et large de 50 centimètres, cette broderie de 350 kilos est constituée de neuf panneaux de lin reliés et représente 626 personnages et 202 chevaux à travers 58 scènes. L'identité des artisans reste inconnue, mais de nombreux spécialistes estiment que l'œuvre a probablement été réalisée en Angleterre. Le British Museum évoque « des brodeuses anglaises » inspirées par « des dessins de manuscrits de Canterbury », tandis que le musée de Bayeux parle d'« une création anglo-saxonne ».

Ce prêt est sans précédent. Il avait déjà été envisagé à deux reprises sans aboutir : en 1953 pour le couronnement de la reine Elizabeth II, et en 1966 pour le 900e anniversaire de la bataille d'Hastings. La tapisserie avait cependant déjà quitté Bayeux pour être exposée au Louvre en 1803-1804 sur décision de Napoléon Bonaparte, puis en 1944 en hommage aux troupes anglo-américaines ayant libéré la France. Pour la première fois, l'œuvre sera installée à plat, une nouveauté qui permettra aux visiteurs de l'observer sous un angle inédit.

Le président du British Museum, George Osborne, qualifie cette exposition d'« événement de notre génération ». Elle pourrait battre le record établi en 1972 avec l'exposition consacrée à Toutânkhamon, qui avait attiré 1,69 million de personnes. Le 1er juillet, le site Internet du musée a été pris d'assaut lors de la mise en vente des premiers billets, et la billetterie affiche déjà complet jusqu'au 31 décembre. De nouveaux billets seront mis en vente le 21 octobre.

Le prêt a nécessité un travail méticuleux pour protéger cette œuvre fragile, avec notamment la construction d'un caisson spécial anti-vibrations. L'œuvre est arrivée discrètement à Londres le 10 juillet. Conformément aux règles en matière d'art, le coût du prêt est assumé par le bénéficiaire, soit le British Museum. Selon le Financial Times, cela représenterait un investissement de 5 millions de livres (5,8 millions d'euros), un record pour l'institution britannique. L'exposition est sponsorisée par le milliardaire américano-biélorusse Igor Tulchinsky, PDG de la société d'investissement WorldQuant. La convention signée entre Londres et Paris prévoit que le Royaume-Uni indemniserait la France à hauteur de 800 millions de livres (environ 920 millions d'euros) en cas de dommages importants.

Les visiteurs devront débourser entre 25 et 33 livres (28 à 38 euros) selon leur âge et le créneau horaire choisi, avec une entrée gratuite pour les moins de 16 ans. À titre de comparaison, il en coûtait 12 euros pour voir la tapisserie à Bayeux. Le musée organise également divers événements pour rentabiliser l'opération, comme une conférence avec les commissaires de l'exposition facturée 50 livres (58 euros) en présentiel et 6 livres en ligne, ou un atelier de broderie d'une journée à 300 livres (350 euros).

Rémi Lefèvre

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Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.