Économie 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Arrêts maladie courts : le Medef propose un non-remboursement
Patrick Martin, président du Medef, suggère que les arrêts maladie de courte durée ne soient plus remboursés ni par l'Assurance maladie ni par les complémentaires santé, afin de limiter les abus. Le ministre du Travail a annoncé des discussions avec les partenaires sociaux.
Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé mardi qu'un non-remboursement des arrêts maladie de courte durée aurait un « effet comportemental » sur ceux qui en abuseraient. Invité sur France 2, il a jugé nécessaire de réaliser des économies dans ce domaine, alors que le nombre d'arrêts courts augmente « d'une manière parfois suspecte ».
Cette prise de position intervient après l'annonce, vendredi, par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, du lancement prochain de discussions avec les partenaires sociaux sur la question des arrêts maladie. Patrick Martin a toutefois mis en garde : « si c'est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l'Assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas ».
Le président du Medef plaide donc pour des « arrêts maladie dits d'ordre public », c'est-à-dire des jours de carence qui ne seraient remboursés ni par le régime de base ni par les complémentaires santé. « Là, ça aura un effet comportemental », a-t-il assuré. Il a néanmoins pris ses distances avec l'expression « open bar » employée par le candidat à la présidentielle Édouard Philippe, qualifiant cette formule de « punchline » qu'il « n'endosse pas ».
Au-delà de la question des arrêts maladie, Patrick Martin a évoqué l'impact de l'inflation sur les entreprises. Alors que le gouvernement s'apprêtait à annoncer de nouvelles aides face à la hausse du prix du carburant, il a observé que « les entreprises elles aussi sont sévèrement impactées par cette inflation ». Selon lui, elles ne répercutent pas entièrement cette hausse sur leurs prix de vente, ce qui contracte leurs marges et limite leurs possibilités de primes ou de revalorisation salariale.
Il a également plaidé pour le maintien d'aides ciblées, soulignant que l'État est perdant dans cette situation, notamment en raison de la baisse de la consommation de carburant. Sur la question du télétravail, Patrick Martin a rappelé qu'il reste « à l'appréciation des entreprises », tout en relevant que certains postes y sont incompatibles. Il a recommandé de veiller à ce que le collectif de travail ne se fracture pas entre ceux qui peuvent rester chez eux et ceux qui ne le peuvent pas.
Les discussions à venir entre le gouvernement et les partenaires sociaux s'annoncent donc délicates, le Medef cherchant à éviter un transfert de charge vers les entreprises et les salariés via les complémentaires santé. La proposition de Patrick Martin vise à responsabiliser les assurés tout en préservant l'équilibre financier du système de santé, dans un contexte budgétaire tendu pour 2027.
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