Économie 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Carburants : Bercy exclut toujours une baisse de la fiscalité à la pompe
Le gouvernement maintient son refus de baisser les taxes sur les carburants malgré la flambée des prix, privilégiant des aides ciblées de 1,4 milliard d'euros. Bercy écarte aussi tout plafonnement des prix, évoquant un risque de pénurie.
Le gouvernement reste « défavorable » à des « mesures plus générales » d'aides face à la hausse des prix des carburants. Bercy l'a redit mercredi à l'issue d'une réunion avec les distributeurs de carburant, confirmant que la piste d'une baisse temporaire de la fiscalité à la pompe, pourtant adoptée dans d'autres pays, n'est toujours pas sur la table. « La situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure » en France, a expliqué le ministère de l'Économie lors d'un point presse téléphonique.
L'exécutif maintient sa ligne, privilégiant « des aides ciblées sur les ménages et les entreprises les plus exposées », pour un montant global de 1,4 milliard d'euros. Interrogé sur un éventuel plafonnement des prix, Bercy s'y est également dit « défavorable », estimant que « plafonner, c'est organiser la pénurie ». Le ministère a toutefois tenu à rassurer sur la disponibilité en carburant, martelant qu'il n'y a « pas de risque sur l'approvisionnement des stations au niveau national ».
Cette position intervient alors que les prix à la pompe atteignent des niveaux records. Mercredi à 11 heures, l'essence SP95-E10, la plus consommée par les Français, se vendait en moyenne à 2,124 euros le litre, un sommet depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon un calcul de l'AFP à partir des données gouvernementales. Le gazole s'affichait, lui, à 2,292 euros le litre. Ces carburants sont respectivement 23,5 % et 33,3 % plus chers que fin février. Ces moyennes excluent la Corse et les départements et régions d'outre-mer.
Le patron de Coopérative U, présent lors des échanges, a prévenu que les prix resteraient « tendus » tant qu'il n'y aurait pas la « paix » au Moyen-Orient. Il a par ailleurs chargé les raffineurs, affirmant que « leurs marges ont augmenté par trois ou quatre ». Une enquête sur les marges des raffineurs est d'ailleurs en cours, en parallèle de la réunion, face à la hausse des prix.
Bercy a également été interrogé sur l'impact de ces hausses sur les recettes fiscales. Le ministère a indiqué que la consommation de carburant s'était ajustée aux prix, étant en moyenne en baisse de 5,5 %. À fin août, les recettes fiscales sur les carburants comptaient 9 millions d'euros de plus qu'à fin août 2025, avec +304 millions d'euros de TVA nette compensant -295 millions d'euros d'accises perçues.




