Économie 4 min de lecture Par Noémie Weber
L'économie ukrainienne menacée d'une perte de 1,5 point de PIB en 2026
L'intensification des frappes russes contre les infrastructures énergétiques, portuaires et industrielles ukrainiennes pourrait amputer le PIB du pays de 1,5 point en 2026, selon les autorités de Kiev, qui redoutent un hiver très difficile.
L'économie ukrainienne pourrait perdre 1,5 point de produit intérieur brut en 2026 sous l'effet de l'intensification des frappes russes, ont averti des responsables ukrainiens réunis samedi au forum annuel Yalta European Strategy (YES) à Kiev. Le Premier ministre Serguiï Koretsky a décrit une situation économique « dans la situation la plus difficile », marquée par une forte augmentation de l'intensité des attaques et de l'ampleur des destructions.
Le ministre de l'Économie, Oleksandre Kravtchenko, a estimé que les pertes d'infrastructures provoquées par les attaques russes pourraient atteindre 10 milliards de dollars en 2026. Ces destructions, combinées au blocus des ports maritimes, risquent d'amputer le PIB national de 1,5 point, a-t-il précisé, alors que certains experts occidentaux évoquent une situation « catastrophique ».
La Russie a largement ravagé le secteur énergétique ukrainien depuis le début de son invasion en février 2022 et a intensifié depuis l'été ses frappes de missiles et de drones à réaction, que l'Ukraine a du mal à intercepter. Ces attaques ont entraîné le blocage des exportations céréalières par la mer Noire, une source de revenus cruciale pour le pays, et visent également des entreprises métallurgiques ainsi que des chaînes logistiques, notamment les chemins de fer et d'importants entrepôts.
« La Russie vise spécifiquement les secteurs générateurs de revenus en attaquant les corridors céréaliers, les ports maritimes et les usines métallurgiques », a commenté Roksolana Pidlassa, présidente de la commission du budget du Parlement ukrainien. La plus grande aciérie ukrainienne, ArcelorMittal Kryvyï Rig, située dans le centre du pays, a fait état samedi de deux employés tués dans une frappe de missile russe sur l'entreprise. Selon les autorités ukrainiennes, des frappes nocturnes ont fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés à travers le pays.
La députée a également souligné l'augmentation du coût du conflit pour les finances publiques. En 2024, « une journée de guerre coûtait 140 millions de dollars », alors que cette année, « c'est 190 millions de dollars », a-t-elle relevé. L'Ukraine a commencé cette année, pour la première fois, à utiliser l'aide internationale même pour payer les salaires de ses soldats, a-t-elle ajouté.
Face à ces frappes, Kiev a intensifié ses propres attaques sur le territoire russe, visant particulièrement des raffineries et des entrepôts logistiques. Le président Volodymyr Zelensky espère que Donald Trump fera pression sur la Russie pour obtenir le déblocage des ports en mer Noire et une suspension mutuelle des frappes sur les sites énergétiques.
Selon le chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, l'Ukraine se prépare à une éventuelle reprise en octobre des négociations visant à mettre fin à la guerre. Le nord-ouest du pays, éloigné de la ligne de front, a également été visé par des attaques de drones dans la nuit de samedi à dimanche. Le Kremlin a par ailleurs déclaré qu'une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky ne serait possible qu'à Moscou.




