Économie 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Le prix du gazole franchit 2,39 euros le litre en France et bat un nouveau record
Le gazole a dépassé vendredi 2,39 euros le litre en moyenne, un plus haut historique qui alimente les appels à manifester. Le SP95-E10 évolue lui aussi au-dessus de son pic de 2022.
Le prix du gazole a franchi un nouveau seuil en France. Le tarif moyen d'un litre de gazole a dépassé vendredi 2,39 euros, un plus haut historique qui efface le pic d'avril 2026, lequel s'établissait à un peu plus de 2,38 euros. Cette moyenne a été calculée à partir des prix affichés la veille par plus de 9 000 stations-service recensées sur le site gouvernemental des prix des carburants.
La flambée ne concerne pas seulement le gazole. Le SP95-E10, carburant le plus vendu dans l'Hexagone, s'affichait à 2,17 euros le litre vendredi matin. Il évolue depuis plus d'une dizaine de jours au-dessus de son précédent record, atteint le 14 juin 2022 à 2,11 euros, dans un contexte de forte demande et d'incertitudes liées à la guerre en Ukraine. Le dépassement de ce seuil marque une accélération de la hausse pour l'essence la plus consommée du pays.
Les écarts entre stations restent importants. Plus de 700 stations affichaient vendredi un gazole à plus de 2,5 euros le litre, dont environ 70 proposaient un tarif supérieur à 2,7 euros. Plus d'une centaine de points de vente déclaraient par ailleurs vendre le litre de E10 à 2,4 euros ou plus. Ces disparités s'expliquent en partie par le fait que toutes les stations n'actualisent pas quotidiennement leurs tarifs.
Pour établir sa moyenne, l'AFP a retenu les stations ayant renseigné un prix sur le site gouvernemental depuis moins de 31 jours. Ce délai est allongé lorsque le prix paraît volontairement plafonné, une pratique observée chez TotalEnergies. La méthode vise à éviter que des tarifs figés artificiellement ne faussent le calcul de la tendance nationale.
Cette hausse intervient dans un climat social tendu. La progression des prix à la pompe alimente des appels à manifester, alors que le coût des carburants pèse sur le budget des ménages et sur l'activité de nombreux secteurs dépendants du transport routier. La question énergétique s'installe ainsi au cœur du débat public, à mesure que les automobilistes constatent la progression des tarifs.
Le mouvement de contestation ne se limite pas aux routes. Sur les côtes méditerranéennes, les blocus de ports organisés par des pêcheurs pour protester contre la flambée des prix du carburant ont tous été levés vendredi, après l'obtention de garanties sur les aides financières liées à cette hausse. Les professionnels de la mer avaient bloqué plusieurs sites pour réclamer un soutien face à des coûts d'exploitation devenus insoutenables.
La comparaison avec les épisodes précédents souligne l'ampleur du phénomène. En 2022, le record du SP95-E10 avait été porté par une demande mondiale soutenue et par les perturbations du marché de l'énergie consécutives à la guerre en Ukraine. La situation actuelle s'inscrit dans une dynamique comparable, avec des tensions persistantes sur l'approvisionnement et une pression durable sur les prix à la consommation.
À l'étranger, la question du coût de l'énergie s'invite également dans le débat politique. Dans le nord-est de l'Allemagne, où les électeurs du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale étaient appelés aux urnes, le parti d'extrême droite AfD a fait campagne en proposant de recourir à nouveau au gaz russe, présenté comme moins cher. Un argument qui trouve un écho particulier dans un contexte de hausse des prix du carburant.
Pour les automobilistes français, la question reste de savoir si la tendance va se poursuivre. Les données disponibles ne permettent pas d'anticiper une détente à court terme, et les stations continuent d'afficher des tarifs élevés sur l'ensemble du territoire. Le seuil de 2,39 euros pour le gazole constitue désormais la nouvelle référence d'un marché sous tension.




