Économie 3 min de lecture Par Noémie Weber
Les députés rejettent la reconduction de la surtaxe sur les grandes entreprises
À deux voix près, l’Assemblée nationale a refusé de reconduire la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, privant le budget 2027 d’environ cinq milliards d’euros de recettes.
À deux voix près, l’Assemblée nationale a refusé, mardi 27 octobre au soir, de reconduire la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Ce choix retire environ cinq milliards d’euros de recettes du projet de budget pour 2027, un montant qui pèse directement sur les marges de manœuvre de l’exécutif.
Le vote s’est joué sur une marge très étroite. Il dessine une majorité d’occasion que ses membres ne revendiquent pas, dans un hémicycle où les équilibres restent fragiles à l’approche des arbitrages budgétaires de fin d’année. Le texte a été débattu dans un climat tendu, marqué par la question récurrente de la contribution demandée aux grands groupes pour financer les dépenses publiques.
La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises constituait une recette notable dans un contexte de déficit public élevé. Ses défenseurs y voyaient un moyen de faire participer les groupes les plus importants à l’effort collectif. Ses opposants estimaient qu’elle pesait sur la compétitivité des entreprises concernées et sur leur capacité à investir. C’est cet argument qui a fini par l’emporter dans l’hémicycle, avec un vote qui met fin, pour l’instant, à sa reconduction.
Le vote a provoqué des réactions contrastées. La gauche a dénoncé une décision favorable aux grands groupes au détriment de l’équilibre des finances publiques. Des parlementaires de la majorité ont au contraire défendu un signal en faveur de l’attractivité économique du pays, estimant que la France ne devait pas accroître la pression fiscale sur ses plus grandes entreprises. Le Rassemblement national a été pointé du doigt par plusieurs commentateurs pour une position jugée proche des intérêts patronaux, critique que le parti conteste en mettant en avant ses priorités en matière de pouvoir d’achat.
Sur le fond, la décision soulève une question simple pour le gouvernement : comment combler un manque de cinq milliards d’euros sans fragiliser davantage la trajectoire de réduction du déficit. Les éléments disponibles ne permettent pas de dire quelles mesures de remplacement seront privilégiées, ni si l’exécutif entend recourir à d’autres prélèvements ou à des économies supplémentaires.
Le projet de budget 2027 doit poursuivre son parcours parlementaire. Les équilibres issus de ce vote pourraient être remis en discussion lors des prochaines étapes, notamment sur les recettes et sur les objectifs de dépenses. À ce stade, le gouvernement n’a pas présenté de solution chiffrée pour compenser les cinq milliards d’euros retirés du budget, et le sort définitif de la mesure reste ouvert.
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