Économie 5 min de lecture Par Noémie Weber
Pouvoir d'achat, fiscalité, services publics : l'intersyndicale appelle à la grève le 5 novembre
La CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU appellent à une journée de mobilisation interprofessionnelle le 5 novembre contre le projet de budget 2027, sur les thèmes des salaires, des services publics, de l'emploi et de l'industrie.
Une intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU a appelé lundi 5 octobre à une grève nationale et à des manifestations le jeudi 5 novembre. Ce mouvement interprofessionnel, qui concerne à la fois le secteur public et le privé, constitue la première mobilisation d'ampleur depuis la rentrée. Les organisations syndicales entendent protester contre le projet de budget 2027 du gouvernement, qu'elles jugent insuffisant face aux attentes des travailleurs.
Les motifs de la colère sont multiples. Les syndicats dénoncent pêle-mêle les questions de pouvoir d'achat, de fiscalité, de services publics, d'emploi et d'industrie. Dans un communiqué, ils estiment que « les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit ». Cette formule résume le sentiment d'une dégradation des conditions de vie et d'une perte de reconnaissance sociale que les organisations entendent porter sur la place publique. La question de la justice fiscale figure également parmi les revendications, alors que le débat budgétaire s'ouvre à l'automne.
L'appel du 5 novembre intervient après une première mobilisation réussie dans la fonction publique, le 29 septembre. Fortes de ce succès, les organisations syndicales ont choisi d'élargir le mouvement à l'ensemble des salariés, du public comme du privé. Cette convergence vise à donner plus de poids à leurs revendications face au gouvernement, à quelques semaines de l'examen du budget 2027 au Parlement. La date du 5 novembre doit permettre de préparer une journée de mobilisation unitaire, avec des défilés dans plusieurs villes de France.
Le contexte social est d'autant plus tendu que le mouvement converge avec la mobilisation lycéenne et étudiante. Cette conjonction de mécontentements, dans l'éducation comme dans le monde du travail, rappelle les périodes de forte contestation sociale. Les syndicats espèrent capitaliser sur cette dynamique pour peser sur les arbitrages budgétaires. Ils réclament des mesures concrètes en faveur des salaires, des services publics et de l'emploi industriel, estimant que le projet de budget ne répond pas aux urgences du moment.
Sur le plan politique, la contestation du budget 2027 trouve un écho à l'Assemblée nationale. La députée écologiste Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social, affirme que ce budget « ne répond en rien à toutes les urgences du moment », qu'elles soient sociales ou écologiques. Elle le juge en outre « incompatible avec toute volonté d'améliorer les conditions des services publics ». L'élue de l'Isère plaide pour l'union de la gauche, qu'elle présente comme un « impératif », et met en garde contre le risque de « cinq ans de recul écologiste extrêmement violent » si cette alliance ne se concrétise pas.
Pour le gouvernement, l'enjeu est double : défendre un budget 2027 dans un contexte économique contraint et éviter que la mobilisation du 5 novembre ne se transforme en un mouvement social durable. Les précédents mouvements interprofessionnels ont montré que la capacité de blocage des syndicats dépendait de leur unité et de la participation des salariés du privé. La réussite du 29 septembre dans la fonction publique constitue un signal encourageant pour l'intersyndicale, qui espère dépasser les clivages entre secteurs public et privé.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Les organisations syndicales doivent préciser les modalités de la journée du 5 novembre, tandis que le débat budgétaire s'engage au Parlement. La pression sociale pourrait s'accentuer si les revendications sur les salaires et les services publics ne trouvent pas de réponse. Pour l'heure, l'intersyndicale affiche son unité et sa détermination, convaincue que la mobilisation est le seul moyen de se faire entendre sur des sujets qui touchent directement la vie quotidienne des Français.
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