Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
« Le travail rend libre » : Jean-Philippe Tanguy se défend d'avoir fait référence au slogan nazi
Le député RN Jean-Philippe Tanguy a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait fait référence au slogan nazi « Arbeit macht frei » en utilisant la phrase « le travail rend libre » lors d'un discours à Vierzon. Il affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et dénonce une polémique « n'importe quoi ».
Le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a estimé n'avoir « rien dit de mal » après avoir été accusé d'avoir repris le slogan nazi « Arbeit macht frei » lors d'un discours à Vierzon. Il a dénoncé une polémique fondée sur des propos sortis de leur contexte, tout en présentant ses excuses aux personnes qui auraient pu être heurtées par cette formulation.
L'expression « le travail rend libre » est la traduction française du slogan « Arbeit macht frei », inscrit à l'entrée de plusieurs camps de concentration et d'extermination nazis, notamment Auschwitz. Cette référence historique est immédiatement identifiable et son usage dans un discours politique contemporain suscite des réactions vives, en particulier de la part des associations de mémoire et des représentants de la communauté juive.
Jean-Philippe Tanguy a expliqué que son intention était de défendre l'idée d'émancipation par le travail et les acquis sociaux, et non de faire écho à la propagande nazie. Selon lui, « il ne faut pas laisser aux groupuscules qui peuvent rester et qui restent néonazis une valeur comme l'émancipation par les acquis sociaux et le travail ». Il a ainsi plaidé pour une réappropriation positive de la notion de travail, en la détachant de son usage historique par l'idéologie nazie.
Le député a également affirmé que ses propos avaient été tronqués et instrumentalisés par ses adversaires politiques. Il a qualifié la controverse de « n'importe quoi », tout en reconnaissant que la formule pouvait prêter à confusion. Ses excuses ont été présentées à ceux qui auraient pu se sentir offensés, mais il maintient que le fond de son discours portait sur l'émancipation sociale et non sur une quelconque référence au nazisme.
Cette polémique intervient dans un contexte politique tendu, à quelques jours des élections sénatoriales du 27 septembre, où vingt-deux députés RN figurent sur les listes, dont seize en position éligible. Le Rassemblement national cherche à obtenir au moins dix sénateurs pour former un groupe politique au Sénat, un seuil fixé par le règlement de la chambre haute. Cette campagne sénatoriale est marquée par une stratégie de notabilisation et de normalisation du parti dans les territoires, portée par des figures connues comme Edwige Diaz en Gironde ou Julien Rancoule dans l'Aude.
Les réactions à la déclaration de Jean-Philippe Tanguy n'ont pas tardé. Plusieurs élus et associations ont rappelé la charge symbolique de l'expression, qui ne peut selon eux être dissociée de son usage par le régime nazi. Des voix se sont élevées pour demander des excuses plus claires et une condamnation sans ambiguïté de toute référence à l'idéologie hitlérienne. Le député, de son côté, persiste à dire qu'il n'a pas commis de faute et que la polémique est artificielle.
Cette affaire illustre la difficulté pour les responsables politiques de naviguer entre des expressions courantes et leurs connotations historiques. Elle pose aussi la question de la responsabilité des mots dans le débat public, alors que le Rassemblement national poursuit sa stratégie de dédiabolisation et de conquête de nouveaux mandats. À quelques jours du scrutin sénatorial, cette controverse pourrait avoir des répercussions sur l'image du parti et sur sa capacité à convaincre les grands électeurs, majoritairement issus des conseils municipaux.
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