Politique 4 min de lecture Par Noémie Weber
Présidentielle : Édouard Philippe et Gabriel Attal dévoilent deux projets rivaux pour l'école
À moins d'un an de la présidentielle, les deux anciens Premiers ministres du bloc central placent l'éducation au cœur de leur campagne, avec des propositions concurrentes sur le niveau scolaire, le certificat d'études et la stabilité ministérielle.
La bataille pour le leadership du bloc central se joue désormais sur le terrain de l'école. Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux anciens Premiers ministres et candidats déclarés à la présidentielle, ont présenté ces derniers jours des projets éducatifs concurrents, faisant de l'éducation l'un des principaux thèmes de la campagne. Si les deux hommes partagent le constat d'une baisse du niveau des élèves, leurs propositions divergent sur les moyens d'y remédier.
Gabriel Attal, qui fut brièvement ministre de l'Éducation nationale en 2023, a mis l'accent sur la nécessité d'une stabilité politique. Il propose ainsi qu'un ministre de l'Éducation reste en poste pendant cinq ans, afin de mener des réformes de long terme. Il plaide également pour le rétablissement du certificat d'études, un examen historique qu'il juge emblématique d'une exigence retrouvée. « Il y a un problème de niveau à l'école. Je veux mettre fin au doute français sur l'école de la République », a-t-il déclaré, appelant à une loi de programmation pour l'éducation.
De son côté, Édouard Philippe, qui n'a pas encore détaillé l'intégralité de son volet éducatif, insiste sur la remontée du niveau et la formation des enseignants. Ses proches évoquent une refonte des programmes et un renforcement de l'autonomie des établissements. Les deux rivaux, qui se disputent l'héritage macroniste, cherchent à incarner une rupture tout en restant dans la continuité du bilan présidentiel, un équilibre délicat à l'approche du scrutin.
Cette confrontation intervient alors que le bilan d'Emmanuel Macron pèse lourdement sur la campagne. Les deux candidats doivent composer avec un héritage contrasté : des réformes engagées mais une contestation sociale persistante, notamment sur les retraites et la politique éducative. Pour Gabriel Attal, l'école est un marqueur identitaire fort, lui qui a fait de son passage rue de Grenelle un argument de crédibilité. Pour Édouard Philippe, il s'agit de démontrer qu'il peut incarner une alternative centrale, tout en se démarquant de l'actuel chef de l'État.
Les deux anciens Premiers ministres se livrent donc à une bataille à distance, chacun cherchant à capter l'électorat modéré. Les sondages les placent au coude-à-coude, et l'éducation pourrait devenir un critère de choix décisif pour les électeurs. Les prochaines semaines devraient voir les deux camps préciser leurs propositions, notamment sur le financement, la carte scolaire ou encore la place du privé.
En attendant, les syndicats enseignants observent ces annonces avec prudence, rappelant que les réformes successives n'ont pas toujours été suivies d'effets. Le débat sur le certificat d'études, notamment, divise : certains y voient un retour à une école exigeante, d'autres une mesure symbolique sans portée réelle. La campagne présidentielle s'annonce ainsi riche en débats éducatifs, alors que la question du niveau scolaire reste une préoccupation majeure pour les familles françaises.




