Politique 4 min de lecture Par Noémie Weber
Primaire socialiste : la rentrée de Blois sous tension à huit mois de la présidentielle
Le Parti socialiste a tenu ses universités d'été à Blois les 28 et 29 août, marquées par les discussions autour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. Quatre candidats sont en lice, dont Raphaël Glucksmann, favori des sondages mais confronté à la machine socialiste et à la concurrence d'Olivier Faure.
Le Parti socialiste a fait sa rentrée politique ce week-end à Blois, à l'occasion de ses universités d'été. Les échanges ont été dominés par la préparation de la « primaire de la gauche socialiste et démocratique », qui doit désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle. À huit mois du scrutin, le PS n'a toujours pas de champion, et l'ambiance sur le campus était décrite par plusieurs militants comme « spéciale », comparable à celle d'un congrès.
Quatre candidats sont officiellement en lice pour cette primaire interne : les députés PS Philippe Brun et Jérôme Guedj, l'ancienne ministre Ségolène Royal, et Raphaël Glucksmann, chef de file de Place publique. Ce dernier, crédité de 11 à 17 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle selon un sondage Ifop publié lundi, est le candidat de la gauche non-mélenchoniste le mieux placé dans les enquêtes d'opinion. Pourtant, sa candidature suscite des réserves au sein de l'appareil socialiste, où certains cadres jugent qu'il « entre dans un autre monde » et devra faire face à de « redoutables hommes d'appareil ».
Le principal adversaire de Raphaël Glucksmann sera le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui n'a pas encore officialisé sa candidature mais qui est crédité d'environ 5 % des voix. Plusieurs socialistes présents à Blois estiment que le patron du parti est « sous-estimé par ceux qui ne lisent que les sondages », mais pas par ceux qui connaissent le fonctionnement interne du mouvement. « De nombreux adhérents n'ont pas envie de se jeter dans les bras d'un inconnu », confie un soutien d'Olivier Faure, tandis que d'autres militants, comme Arnaud, 32 ans, avouent que le choix de Glucksmann serait « par défaut », par crainte d'une « disparition du PS ».
Raphaël Glucksmann, qui débattait jeudi devant le Medef face à Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Gabriel Attal ou Édouard Philippe, devra désormais batailler avec des noms moins médiatiques. Il attendait la fin de journée pour arriver à Blois, où il devait être accueilli par ses soutiens, dont la présidente de la région Occitanie Carole Delga et les maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse. Guillaume Garot, député socialiste de la Mayenne, assume ce choix : « Il y a une prise de risque, mais elle est nécessaire. Il faut aller chercher un soutien du PS par le vote. »
Les débats internes s'annoncent vifs, notamment sur la ligne politique du candidat. Romain Eskenazi, député PS du Val-d'Oise et proche de Philippe Brun, prévient : « On poussera nos propositions, lui doit lever les doutes sur sa ligne politique. Il y aura de vrais débats, mais s'il gagne, on fera campagne pour lui. » L'ancien président François Hollande, dont le nom circule en embuscade, n'a pas fait de déclaration publique à Blois, mais sa possible influence sur le scrutin interne est évoquée par plusieurs participants.
La primaire doit se tenir dans un peu plus d'un mois. Les socialistes espèrent qu'elle permettra de trancher les divisions et de présenter un candidat uni face à la droite et à l'extrême droite. Olivier Faure a lancé un message offensif : « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle et nous allons être la surprise. » Reste à savoir si cette surprise viendra de la primaire ou des urnes de 2027.




